Isabelle Bergeron/Avenir de l'Est Les enseignes disparates seront bientôt choses du passé dans le Vieux-Pointe-aux-Trembles

L’arrondissement lancera très prochainement une consultation auprès des commerçants et propriétaires du Vieux Pointe-aux-Trembles afin de munir le secteur d’une identité visuelle singulière, en favorisant entre autres une certaine homogénéisation des enseignes commerciales.

L’opération est menée afin de rendre la rue Notre-Dame plus accueillante et plus vivante, selon Suzanne Décarie, mairesse suppléante de l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

«Je veux de la vie dans ce quartier, que ce soit beau, s’exclame-t-elle. Ça marche au Vieux-Terrebonne, ça marche à plein de places, pourquoi ça ne pourrait pas fonctionner ici?»

Une consultation sera menée prochainement.

«Je veux écouter [les commerçants] et savoir ce qu’ils pensent. Nous avons notre vision, mais nous sommes ouverts à la modifier ensemble», assure-t-elle.

Une image à refaire
L’idée d’embellir l’affichage dans le secteur date de plusieurs années. Un guide exposant la vision de l’arrondissement a d’ailleurs été remis aux commerçants en 2014. Il n’avait toutefois aucune portée légale.

On peut y lire que l’on souhaite entre autres limiter le nombre d’enseignes à une seule par établissement. Celle-ci prendrait la forme d’un boitier rectangulaire avec un lettrage de couleur claire sur un arrière-plan de couleur foncée.

Les enseignes de tous les commerces seraient installées à la même hauteur, entre 10 et 14 pieds à partir du niveau du trottoir.

L’arrondissement voudrait également libérer les vitrines des images et des publicités situées au niveau du regard du piéton, et réserverait ainsi l’affichage commercial sur des bandeaux dans le haut et le bas des vitrines, afin de permettre «un dialogue avec les usagers de la rue», peut-on lire dans le guide disponible sur le site de l’arrondissement.

Des commerçants inquiets
Mme Décarie assure toutefois qu’aucun règlement ne sera voté avant que tous les commerçants «soient au courant» et que les discussions aient lieu. Or, bien des commerçants rencontrés par l’Avenir de l’Est croyaient que le sujet était à l’ordre du jour du conseil d’arrondissement du mardi 2 octobre. Cette confusion a eu pour effet de magnifier les inquiétudes.

Tina Beaulieu, propriétaire de l’agence Voyages NT Air, affirme être d’accord avec l’idée d’un affichage harmonisé. «Mais l’arrondissement doit nous donner un bon laps de temps et coopérer avec les coûts que cela va occasionner. Beaucoup de commerçants n’ont pas l’argent pour changer l’affichage», ajoute-t-elle.

Elle craint aussi de devoir changer les couleurs de son logo, très coloré, alors que le guide parle de sobriété dans l’agencement des couleurs. «Changer un logo apporte plein de dépenses; si tu calcules tout, site web, cartes, ça monte à pas loin de 10 000$.»

En face de son agence, la vitrine de la Brigade canine est ornée d’une grande image du copropriétaire de l’entreprise, Frédéric Labbé, accompagné d’un chien.

«La face de mon frère dans la vitrine, je veux qu’elle reste, s’exclame sa sœur Nathalie, également copropriétaire. C’est notre marque de commerce, tout le monde le connaît.»

De plus, selon M. Labbé, descendre l’enseigne afin de respecter la hauteur uniformisée engagerait des frais de plus de 18 000$.

«On s’en fout de l’extérieur», lance Édith Coutu, propriétaire du Salon Édith, qui déplore que ses clients n’aient pas le droit de stationner sur la rue entre 12h et 13h, ni après 15h30. «De plus, ajoute-t-elle, t’as vu notre rue?»

D’autres problèmes plus urgents
Chez tous les commerçants visités, la réponse est la même: oui à l’amélioration visuelle, mais pas à n’importe quel prix. De plus, les problèmes de stationnement et le mauvais état de la rue Notre-Dame sont considérés comme des problèmes plus urgents.

«Oui, on veut s’embellir, et on veut travailler avec l’arrondissement pour le faire, affirme Joanne Paiement, présidente de l’Association des commerçants et professionnels du Vieux Pointe-aux-Trembles. Mais notre priorité, c’est d’avoir une politique de stationnement qui nous avantage.»

En réponse, la mairesse suppléante Suzanne Décarie souligne que du stationnement est disponible dans les rues avoisinantes, et au centre Roussin; de plus, l’arrondissement créera bientôt un nouveau stationnement à côté de la Caisse, au coin des rues Saint-Jean-Baptiste et Notre-Dame.

«On est habitué de se stationner en avant de la porte, ajoute-t-elle. Mais on ne veut pas que les gens marchent une rue, on veut qu’ils en marchent 4 ou 5 pour qu’ils promènent dans le Vieux.»

«S’ils veulent faire comme dans le Vieux-Longueuil, on part de loin», estime Frédéric Labbé, de Brigade canine. Ils veulent faire un beau développement économique, mais ce sont des entreprises de service sur la rue; il n’y a pas de bistro, ni d’endroit où s’assoir et relaxer dans le coin. C’est pas les points blancs sur les trottoirs qui vont changer ça!»

Quant à la détérioration de la rue, Mme Décarie souligne que les artères sous responsabilité de la Ville-Centre.

L’administration montréalaise prévoit effectuer des travaux d’enfouissement des fils, qui impliquent un repavage partiel ou complet de la chaussée, sur le boulevard Saint-Jean-Baptiste en 2019.  Le projet de travaux intégré qui inclurait l’enfouissement des fils électriques sur la rue Notre-Dame Est, entre la 1ère et la 13e avenue, est à l’étude.

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