Patrick Deschamps - TC Media Près d’une centaine de personnes étaient présentes, lors de la conférence donnée par l’historien Pierre Desjardins, le 3 novembre.

Si L’Avenir de l’Est accompagne et informe les Montréalestois et Pointeliers depuis environ une soixantaine d’années, les citoyens du secteur ont connu d’autres façons de se tenir au fait de l’actualité.

En passant par le bouche à oreille, le crieur public, les séances d’information à l’église et la publication des premiers journaux, Pierre Desjardins, de l’Atelier d’histoire de la Pointe-aux-Trembles, dresse un portrait historique des médias à la Pointe-de-l’Île.

La conférence qui a eu lieu le 30 octobre, a réussi à attirer environ une centaine de personnes qui ont découvert les différents journaux et magazines qui, à travers les années, ont couvert l’actualité du quartier.

«Mon père a été le premier gérant et rédacteur en chef de L’Avenir de l’Est, alors j’ai été assez proche du monde des médias, explique M. Desjardins. J’ai tout le temps été curieux et fasciné par son travail. C’est cette fascination qui m’a poussé à faire des recherches pour retrouver la trace des médias publiés à Pointe-aux-Trembles.»

Les premiers journaux
Les recherches de M. Desjardins remontent à la Nouvelle-France.

« À cette époque, il n’y avait pas de journaux encore. De toute façon, ils auraient été un peu inutiles, car la plupart des gens ne savaient pas écrire ou lire, explique l’historien. Les gens se renseignaient entre eux ou à l’église. Quand les familles revenaient du marché public de Montréal, ils placotaient et c’est comme ça que les nouvelles se transmettaient à l’époque.

M. Desjardins explique que par la suite, ce sont les crieurs publics qui avaient pour mandat d’informer les citoyens.

«Ils se promenaient un peu partout dans la municipalité ou s’installaient devant l’église pour inviter les Pointeliers à des événements spéciaux ou pour les informer de ce qui se passait ailleurs», raconte le conférencier.

C’est lors de l’arrivée de l’Empire britannique que les premiers journaux ont vu le jour en 1764.

«Deux hommes originaires des États-Unis ont implanté une imprimerie à Québec et ont commencé la publication d’un journal bilingue, The Quebec Gazette/La Gazette de Québecqui existe toujours, mais qui publie exclusivement en anglais de nos jours», ajoute-t-il.

Plusieurs journaux nationaux ont ensuite vu le jour. Parmi eux, La Minerve, le premier journal à relatant l’actualité de Pointe-aux-Trembles.

«Pendant la deuxième moitié du XIXe siècle, les nouvelles technologies ont fait en sorte qu’il y a eu une explosion de journaux. La Patrie, La Presse, Le Devoir et plusieurs autres ont paru. Ils parlaient tous régulièrement de ce qui se passait dans notre secteur et ils étaient lus par les citoyens de Pointe-aux-Trembles», précise M. Desjardins.

Le premier journal local
Le premier journal de Pointe-aux-Trembles à voir le jour s’appelait L’administration.

«C’était un journal d’une grande qualité. Il était dirigé par deux conseillers municipaux de l’époque de 1915 à 1920, poursuit l’historien. C’était un journal très progressiste qui souhaitait amener du changement à la population.»

De 1920 à 1950 le secteur n’a pas connu beaucoup de journaux.

«C’était le temps de la guerre, le papier était très cher, alors ce sont les paroisses et les collèges qui ont pris la relève», dit-il.

En 1957 L’Avenir de l’Est et Le Flambeau de l’Est ont été créés. Ce sont d’ailleurs les deux seuls journaux qui existent encore dans le secteur.

«Il y a beaucoup de journaux que je considère comme éphémères. Ils naissaient, et au bout de quelques mois, ils disparaissaient, explique M. Desjardins. Il y en a eu quelques-uns qui ont tenu quelques années, mais ils finissaient toujours par être achetés par L’Avenir de l’Est.»

D’ailleurs, depuis 1993, il s’agit du seul journal à couvrir les différents événements dans à Pointe-aux-Trembles et de Montréal-Est.

«Les gens disent souvent que les journaux papiers sont condamnés à disparaître, mais personnellement, je pense que les hebdos locaux sont là pour rester encore quelques années. Le public ciblé par ces publications a besoin d’avoir une version papier, alors je ne pense pas que l’avenir de tous les journaux est nécessairement dans le numérique», conclut M. Desjardins.

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