Plus de 6 600 ménages locataires dans l’est de Montréal consacrent plus de la moitié de leurs revenus pour se loger, selon une étude menée par Infologis et le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). Selon ces organismes, des actions rapides sont nécessaires pour freiner  Une situation délicate qui tend à s’aggraver et qui nécessite.

Les données compilées par Infologis et le FRAPRU, basées sur les recensements de 2001, 2006 et 2016, dévoilent également que le loyer médian a augmenté  plus rapidement que les revenus médians.

Ainsi, à Montréal-Est, par exemple, la hausse du salaire médian s’est établie à 2,5% entre 2006 et 2016, tandis que les loyers ont bondi de 21,3%.

Dans ce secteur géographique, près de quatre ménages sur dix consacrent plus de 30% de leurs revenus au logement. Encore plus frappant, 7,2% doivent consacrer pas moins de 80% de leur budget à leur loyer.

Aucun secteur de l’Est de Montréal n’est épargné par cette évolution.

Ces chiffres apparaissent comme un signal d’alarme aux yeux de Jean-Claude Laporte, d’Infologis de l’Est de Montréal, sur «le manque flagrant de logements sociaux dans l’est de l’Île de Montréal».

Infologis estime par ailleurs à 3420 le nombre de logements ayant besoin de «réparations majeures» dans l’Est montréalais.

«On parle souvent de moisissures et de punaises de lits, mais il y a aussi des problèmes d’isolation, de chauffage, de balcons dangereux», liste-t-il.

Cette part toujours plus importante accordée au loyer impacte directement sur le niveau de pauvreté de la population assure Jean-Claude Laporte, qui remarque qu’il est plus difficile, dans ces conditions, de pourvoir aux besoins alimentaires, aux transports et aux autres dépenses.

«Les chiffres du recensement nous donnent l’opportunité de voir l’évolution du niveau de pauvreté et du respect au droit au logement», estime-t-il.

Des solutions
Marie-José Corriveau, coordinatrice du FRAPRU, estime qu’il est «urgent que les gouvernements de François Legault et de Justin Trudeau investissent massivement dans le développement de nouveaux logements sociaux».

Celle-ci estime à 1700 le nombre de logements sociaux nécessaires, de façon urgente, dans l’Est de Montréal.

Pour ces intervenants communautaires, la promesse de baisses d’impôts annoncées par la CAQ lors de la campagne électorale n’apparaît pas comme une bonne nouvelle. Celles-ci sont au contraire perçues comme une enveloppe en moins pour le développement du logement social.

«Ça va être difficile de convaincre le gouvernement de François Legault là-dessus, car il a fait beaucoup de promesses sur le fait de remettre de l’argent dans les poches du contribuable», regrette de Jean-Claude Laporte.

Marie-Josée Corriveau estime que les pouvoirs publics doivent aussi agir rapidement pour mettre la main sur des terrains disponibles et ainsi éviter l’intérêt des entrepreneurs en immobilier, d’autant plus «qu’on en a les moyens».

Le gouvernement fédéral a mis en place l’an passé une stratégie canadienne sur le logement annoncé l’automne dernier, avec 40 milliards de dollars alloués pour les 10 prochaines années.

«Québec peut et doit en récupérer une partie pour le logement social», explique Marie-Josée Corriveau, qui estime par ailleurs que le programme Accès Logis, qui  favorise le regroupement des ressources publiques, communautaires et privées, afin de réaliser des logements communautaires et abordables pour des ménages à revenu faible ou modeste, doit être indexé. La dernière indexation date de 2009.

Le 25 octobre dernier la Mairesse Valérie Plante et  la responsable de l’habitation, de la gestion, de la planification immobilière et de la diversité montréalaise, Magda Popeanu, ont annoncé une stratégie de développement de 12 000 logements sociaux et ont rappelé à cette occasion que «pour  logement social et communautaire, des projets totalisant 3000 logements sont en cours, à différentes étapes de développement ».

«C’est un engagement de campagne et on met des efforts très importants», a simplement commenté l’attachée de presse de la mairesse, Geneviève Jutra, sur l’appel lancé par Infologis et le FRAPRU.

 

 

Pourcentage des ménages qui consacrent 50% et plus de leurs revenus pour le loyer en 2016

Pointe-aux-Trembles: 11,9%

Rivière-des-Prairies ; 17,8%

Montréal-Est : 15,4%

Anjou : 10,8%

Mercier-Est:12,9%

Mercier-Ouest:13,4%

Ces données proviennent de commandes spéciales du FRAPRU à Statistiques Canada.

 

Aussi dans Actualités :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!