Romain Schué/TC Media Pascale Archambault aura terminé ses deux œuvres à la mi-novembre.

La sculpteuse Pascale Archambault transforme deux arbres malades en œuvre d’art, au bord de la rivière des Prairies. À travers ses réalisations, elle souhaite que les citoyens prennent conscience de l’héritage laissé par les Amérindiens.

Depuis la fin du mois d’octobre, Pascale Archambault ne lâche plus ses ciseaux à bois, sa scie mécanique, sa gouge et sa masse. Installée au bord de la rivière des Prairies, elle s’affaire à redonner vie à deux arbres malades, voués à être abattus.

Alors qu’elle vivote, dès 9h30 chaque matin, entre le parc Moulin-du-Rapide et Pierre-Dagenais-dit-Lépine pour peaufiner ses deux réalisations attendues pour la mi-novembre, l’artiste se plaît à participer à la revitalisation d’un secteur qu’elle a découvert lors d’interminables balades à pied, lorsqu’elle habitait dans le Mile End, l’espace de trois décennies, avant de déménager du côté de L’Avenir, non-loin de Drummonville.

«J’aime beaucoup cet endroit, cette rivière, admirer le coucher de soleil. Ici, sur ce beau lieu, on se sent comme en campagne», explique Pascale Archambault, sculpteuse depuis 40 ans.

«J’ai commencé toute petite, ma mère m’a beaucoup poussé à la création, révèle-t-elle. Elle était contre par exemple la télévision et voulait qu’on dessine.»

Un pêcheur et ses poissons
Ce matin-là, Pascale Archambault s’apprête à tailler avec légèreté et précision cet orme du parc Moulin-du-Rapide qui prend la forme, heure après heure, «d’un pêcheur inspiré par les formes rondes de l’arbre.»

Au pied de ce pêcheur dont la tête prendra la forme d’un canard, des poissons. Signe d’un passé fructueux, qui tient à cœur à l’artiste.

«J’aime cette idée de revenir à la source, à une époque où l’abondance régnait. Ces arbres ont près de 350 ans, ils ont été les témoins de cette période», imagine la sculpteuse, habituée des symposiums internationaux.

«L’histoire des Amérindiens fait partie de nous, de notre passé. S’en rappeler, préserver aussi notre héritage, c’est essentiel», clame celle qui reprendra, le lendemain, ses travaux au parc Pierre-Dagenais-dit-Lépine.

Un canoë soutenu par trois mains
Devant la 58e avenue, la Québécoise s’apprête à utiliser une nacelle pour compléter son œuvre, réalisée sur un impressionnant érable. Ce dernier prendra la forme d’un canoë soutenu par trois mains. Un rappel, là encore, aux utilités, mais aussi aux désagréments de la rivière voisine.

«Parfois, il y avait trop de roches et il fallait soulever son canoë, le prendre sur ses épaules, marcher dans l’eau avant de reprendre sa navigation. C’est ce que j’aimerais illustrer», indique l’artiste.

Au cœur de cette œuvre et de l’arbre initial, une fenêtre a été taillée, «pour montrer le paysage», et un enfant y sera sculpté, «pour représenter le renouveau, la continuité et le monde qui vit.»

Ces deux sculptures s’inscrivent dans le cadre du projet Les arbres sculptés du bout de l’île. Durant l’été 2015, l’artiste Jean-Robert Drouillard avait transformés trois peupliers faux-tremble en une œuvre intitulée Trois Cédrics, deux corbeaux et un renard.

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