Collaboration spéciale Le Centre de promotion communautaire Le Phare propose de multiples activités avec les enfants.

Touché par de nombreuses coupes budgétaires, l’organisme communautaire Le Phare tente d’aider, contre vents et marées, de nombreuses familles et enfants de Rivière-des-Prairies. Mais ses difficultés sont de plus en plus criantes.

«Abandonner ? Jamais», clame Lorraine Doucet, coordonnatrice au Centre de promotion communautaire Le Phare, avant de tendre l’oreille pour écouter la quinzaine de mères de familles installées dans la pièce voisine, comme tous les mercredis matins, pour évoquer leurs soucis, envies, projets ou espoirs.

«Quand je les vois s’épanouir ici, je suis prête à tout faire, même baisser mon salaire. Je ne pourrais jamais quitter cet endroit car je sens qu’on fait une différence, même si ce n’est qu’une toute petite», reprend l’intervenante, présente au Phare depuis 16 ans.

Passage de 35h à 28h de travail
Fondé en 1983 par un groupe de locataires de logements en HLM qui souhaitait venir en aide à leurs propres enfants en trouvant différentes ressources, cet organisme communautaire vit pourtant des moments difficiles.

Suppression des camps de vacances estivaux pour les 6-12 ans, réduction de 35 à 28h de travail pour les membres de l’organisme, accompagnement des plus jeunes durant trois jours par semaine, contre cinq lors des débuts du Phare: les exemples de coupes imposées par un budget en délicatesse sont nombreux et ne cessent de se multiplier au fil des mois.

«Le gouvernement nous dit que l’on est des incontournables, mais dans le même temps, on ne nous donne pas les moyens de l’être, regrette Lorraine Doucet. On est obligé de travailler moins d’heures, mais les besoins augmentent. Pourtant, on est utile pour les familles, notre priorité c’est de les aider.»

250 personnes bénéficient de l’aide du Phare
Installés au 2e étage d’un immeuble de Rivière-des-Prairies géré par l’Office municipal d’habitation de Montréal, au cœur d’un 5 ½ dans lequel s’entassent familles, jeunes et employés, les sept membres de cet organisme ne chôment pas.

Activités de socialisation et de francisation pour les tout-petits, accompagnement scolaire, activités de lecture et d’art pour les adolescents, médiation, projets avec les aînés, aides pour des formalités administratives, rencontres avec des spécialistes pour évoquer la nutrition ou le budget: près de 250 citoyens, pour la plupart démunis, bénéficient quasi-quotidiennement des aides du Phare, du matin au soir.

«Notre but, c’est surtout de leur offrir un espace et une animation qui permet à la parole d’émerger, afin qu’ils expriment librement et sans jugement sur leur réalité. On essaye de voir comment leur rendre la vie plus fun», reprend Lorraine Doucet, qui a également été contrainte, en compagnie de ses collègues, d’abandonner les projets d’assurance collective et d’adhésion à un régime de retraite.

«On souhaite que tout notre budget passe dans les interventions», explique-t-elle.

«Une forme de mépris»
Après avoir manifesté et fermé Le Phare du 7 au 9 novembre dernier, comme des centaines d’autres organismes au Québec pour protester contre les coupes budgétaires du gouvernement Couillard, la coordonnatrice tente cependant de garder quelques motifs d’espoir.

À la recherche de nouveaux financements stables et de longues durées, notamment pour renouveler les prochaines activités d’été, «lorsque les jeunes ont le plus besoin de nous», elle affirme se sentir «valorisée par la confiance de ceux que l’on aide.»

«C’est un peu notre paye», sourit-elle avant de se montrer plus vindicative.

«Malheureusement, ça ne suffit plus, même si on va toujours continuer de se battre. Il y a une forme de mépris dans cette non-reconnaissance financière de nos actions. Je sais que nos résultats ne sont pas toujours quantifiables, mais en aidant des gens qui ensuite n’auront pas de problèmes mentaux ou de soucis liés au décrochage scolaire, je pense qu’on aide aussi le gouvernement.»

Le Centre de promotion communautaire Le Phare compte organiser différentes levées de fonds et chercher de nouvelles subventions, dans les prochains mois, pour poursuivre ses activités.

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