Depuis 19 ans, l’Art-Rivé favorise la réinsertion sociale d’adultes de Rivière-des-Prairies qui vivent avec un problème de santé mentale.

L’Informateur a profité de la journée porte-ouvertes de l’organisme pour voir ce qui se passait derrière ses murs.

«Ça, c’est une œuvre collective», «celle-là avec le Yin et le Yang, elle est de moi», «là-bas dans le fonds c’est un collage que j’aime bien», «Oh! J’adore ce dessin de chien Lorraine, on dirait qu’il est vivant, wouf, wouf, wouf», lâche dans un éclat de rire, Lucie Neault, membre de l’Art-Rivé, qui s’est prêtée au jeu de guide d’exposition pour faire parler les dizaines de toiles accrochées pour l’occasion sur tous les murs de l’organisme.
En proie à des épisodes dépressifs, Lucie avait beaucoup de difficulté à gérer ses émotions quand elle a découvert l’Art-Rivé il y a 17 ans. «Mais quand tu fais de l’art, ça te centre sur le moment présent. Tu te sens vivant quand tu crées, surtout dans un bel endroit comme ici, où on se sent relevé à pleins de niveaux», partage celle qui vient tous les jours, «ou presque», au centre.

Un milieu de vie
Ouvert 4 jours semaine, l’Art-Rivé organise des groupes de discussions, des activités éducatives et des activités sociales, en plus de ses ateliers d’art et de créativité.
«Il y a les cours de vidéos clips qui sont super le fun pour se laisser aller complétement. On fait des exercices au cours de gym-détente, on peut parler de nos problèmes de santé mentale, il y a des midi-karaoké, les sorties à l’extérieur…», se perd Lucie dans son énumération. «On fait plein de choses ensemble, on est comme une petite famille», finit-elle par résumer.
Et dans la famille d’Art-Rivé, Stéphanie Marquis joue le rôle de la «maman des arts», comme l’appelle affectueusement Lucie. Enseignante pour la Commission scolaire de La Pointe-de-L’ Île, Stéphanie Marquis est détachée dans des organismes communautaires comme l’Art-Rivé où elle donne des ateliers d’art plastique depuis 17 ans.

«Il devrait y en avoir plus des centres en santé mentale comme Art-Rivé, qui soient axés sur les solutions plutôt que les problèmes ou la maladie.» Lucie Neault.

De la résolution de problèmes à la gestion du quotidien, en passant par l’estime de soi, elle fait travailler chaque membre autour d’un défi personnel à surmonter au travers des toiles et sculptures qu’ils réalisent.
«Quand on regarde les œuvres de nos membres, on est ébloui par ce que l’on voit, partage-t-elle un brin contemplative devant le tableau d’un de ses élèves. Mais au-delà de ça, il y a une démarche personnelle par laquelle les membres ont dû passer et persister pour aller au bout de ce travail artistique. C’est ça qui est magique avec l’art-thérapie et qui m’anime.»

Un centre pour adultes autonomes
En moyenne, 115 adultes fréquentent chaque année Art-Rivé. Si certains sont de passage pour quelques mois ou années,  d’autres «sont là depuis l’ouverture et vont rester encore longtemps»,  explique Isabelle Archambault, la directrice du centre pour parler de ceux qui ne pourront  pas retourner travailler à cause de leurs troubles psychologiques.

Josée Ladouceur, elle, a décidé de fréquenter le centre il y a 4 ans, en suivant les conseils de son CLSC. «Je souffre de fibromyalgie et ne suis plus capable de travailler, confie-t-elle. Suite à une grosse dépression, je suis venue ici pour avoir un prétexte de sortir de chez moi». Depuis, elle va «beaucoup mieux », mais n’a pas quitté le navire puisque elle s’est encore inscrite à 6 cours cette session.

Qu’ils souffrent de psychose majeure, ou de troubles dépressifs transitoires comme Josée, tous les membres sont des adultes autonomes : ils doivent pouvoir se débrouiller seul pour répondre aux besoins de base comme manger, par exemple.

«On est une toute petite équipe de 2 personnes et demies, plaisante Isabelle Archambault. Il n’y a que 2 employées à temps plein, et une à temps partiel». Contrainte budgétaire oblige, l’organisme arrive à proposer autant d’activités grâce à tous les stagiaires et les contractuels qui viennent renforcer les effectifs.

La journée porte-ouvertes du 12 septembre était aussi synonyme de rentrée pour l’organisme qui laisse les inscriptions aux activités ouvertes tout au long de l’année.

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