Nicolas Ledain / Informateur de RDP Linda Plaisimond attend depuis bientôt dix mois que les services municipaux viennent élaguer un arbre du domaine public qui envahit son allée.

Des Prairivois critiquent le temps d’attente pour l’élagage de leurs arbres. Le conseiller Giovanni Rapana réclame une nouvelle stratégie à l’arrondissement tandis que la mairesse Rouleau demande de la mesure à son collègue.

Devant la maison de Linda Plaisimond, un arbre cache presque entièrement son allée. Elle a ouvert une requête au 311 en octobre 2017, mais cette citoyenne attend encore une action d’élagage.

«Mon dossier a été relancé en avril 2018 et a été mis en urgence. Il y a vraiment un problème, même le facteur nous a fait une note pour dire qu’il fallait couper les branches», raconte cette Prairivoise.

Elle assure également que cet envahissement est problématique au quotidien. «Nous sommes grands dans la famille, même mes enfants sont obligés de se baisser. J’ai vu des dames qui font de la marche rapide qui ont été obligées de passer sur la route pour éviter l’arbre», déplore Mme Plaisimond.

C’est finalement en exprimant son désarroi sur Facebook que la situation a connu une évolution ces derniers jours. Des internautes l’ont encouragée à contacter directement la conseillère Nathalie Pierre-Antoine. Près de dix mois après sa première requête, des inspecteurs sont passés à son domicile le 2 août et l’élagage devrait être réalisé dans les prochains jours.

«J’ai été obligée d’utiliser les grands moyens. Les réseaux sociaux ne sont pas toujours bons, mais c’est grâce à cela que ça a fini par payer, sinon je pense que ma branche aurait été jusqu’au sol», pense-t-elle.

Longs délais
Dans RDP, cette situation n’est pas un cas isolé. D’autres citoyens ont également fait part de longs délais à L’Informateur depuis leur demande. Allergique au pollen et avec une fille atteinte de fibrose kystique, Christiane Chouinard déplore notamment que les frênes qui produisent cette poussière végétale nuisible à leur santé ne soient pas émondés.

«En juin et juillet, je sortais pour arroser mes plantes et je rentrais directement, sinon je fais de grosses bronchites», regrette-t-elle.

Depuis quelques mois, le conseiller de RDP, Giovanni Rapana, appuie ces résidents mécontents. Il s’est notamment plaint à l’arrondissement d’un arbre qui est tombé sur une voiture le 28 juillet lors d’un épisode venteux.

«C’est une preuve qu’il faut agir, car ça devient un danger. Il ne faut pas attendre le pire pour faire quelque chose», souligne l’élu.
Ce dernier a déposé des résolutions pour obtenir une modification de la stratégie d’élagage.

«Je comprends les inspecteurs, car on a beaucoup de cas, mais il faut augmenter les effectifs pour avoir de l’élagage systématique», souhaite M. Rapana.

La situation est néanmoins compliquée à RDP-PAT puisque l’arrondissement compte plus de 18 000 arbres de rues sur son territoire. À ceux-là s’ajoutent la gestion des boisés et parcs, l’optimisation des opérations en cours, les nouvelles plantations et les abattages liés à l’agrile du frêne, ainsi que l’entretien régulier. L’an dernier, de nouveaux investissements ont été accordés à l’équipe d’arboriculture qui compte 39 personnes. Les sommes seront renouvelées cette année pour réduire les délais d’attente. Chantal Rouleau assure que tous les efforts sont faits pour offrir un service optimal.

«On est très rapide pour les situations d’urgence et les délais ont été sensiblement réduits. Il y a quelques années, cela pouvait prendre jusqu’à cinq ans. On parle maintenant de quelques mois ou au maximum un ou deux ans en fonction de la priorité», souligne la mairesse.

Cette dernière estime que la proposition de M. Rapana est irréaliste et demande de la mesure à son conseiller. Si elle n’envisage pas de revoir en profondeur la stratégie de l’arrondissement, elle promet que des réflexions régulières sont menées pour améliorer la situation.

Dans le cadre du plan canopée de la Ville de Montréal, les services de l’arrondissement sont aussi engagés dans la plantation de 950 nouveaux arbres par année.

«Il faut avoir une vision plus large. On doit aussi s’assurer qu’on respecte ces objectifs de canopée, car c’est essentiel, surtout avec les canicules que l’on connait pour lutter contre les îlots de chaleur», ajoute Mme Rouleau.

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