PACOPHOTO.CA La salle Désilets étant remplie à craquer, les étudiants du cégep Marie-Victorin ont dû se rabattre sur le hall d’entrée. (Photo : Patrick Deschamps)
À moins d’un revirement complètement inattendu, les étudiants du cégep Marie-Victorin déclencheront une grève illimitée le 21 février prochain pour protester contre la hausse des droits de scolarité. Le 8 février, une majorité écrasante d’entre eux se sont prononcés en faveur de ce moyen de pression, pourvu qu’au moins 12 associations représentant 20000 étudiants répartis sur trois campus différents obtiennent un mandat de grève. Ce seuil a été franchi le lendemain, le 9 février.

En tout, 1377 étudiants se sont prononcés pour la grève sur les 1750 présents dans la salle Désilets, dans le hall devant cette salle et sous le hall, un étage plus bas. Près de la moitié des 3600 étudiants du cégep se sont déplacés. Le syndicat étudiant du cégep Marie-Victorin (SECMV), qui est membre de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), a organisé ce vote à main levée.

L’émotion était visible au sortir du vote. « À la fin, les gens ont crié. Ils ont montré leur joie. Ils se sont donné des câlins, dit Sami Haiouani, membre du comité de mobilisation. Le matin même, il y avait de la frénésie. »

Quelques centaines d’étudiants ont voté contre la grève. Selon le syndicat étudiant, ceux-ci sont pour la plupart contre une hausse des droits, mais préfèrent ne pas sacrifier des jours d’école.

« Tu pouvais voir qu’il y avait des spots de non », dit le militant étudiant en parlant des quelques foyers de résistance visibles dans la salle Désilets.

Même si cinq ou six interventions ont été effectuées par des opposants à la grève, ceux en faveur n’ont pas semblé ébranlés. « Le problème, c’est que la contre-argumentation est beaucoup trop forte », se targue-t-il.

Rappelons que les étudiants veulent essentiellement que le gouvernement du premier ministre Jean Charest recule sur sa décision d’augmenter progressivement les droits de scolarité de 75 % jusqu’en 2017.

Selon les motifs énumérés avant le vote, la grève est le recours ultime utilisé contre le gouvernement, qui semble inébranlable. Ainsi, depuis deux ans, le SECMC et les membres de la CLASSE ont effectué divers moyens de pression, « à savoir des pétitions, des lettres ouvertes, des actions symboliques, des actions de perturbation, des occupations, des manifestations régionales et nationales ».

Pas de choix arrêté quant aux moyens de perturbation

Hormis le traditionnel piquetage devant les portes d’entrée du cégep, les étudiants ignorent tout de la nature des actions qu’ils poseront pour accentuer la pression sur le gouvernement Charest.

Nons n’avons pas encore de moyens organisés, car nous n’avons pas eu le temps d’y réfléchir. Nous étions occupés à mobiliser les étudiants, admet M. Haiouani, qui représente également les étudiants sur le conseil d’administration du cégep.

« Maintenant, on a deux semaines pour sensibiliser la population étudiante à participer au mouvement de grève. Qu’est-ce qu’on veut montrer, c’est qu’une grève ce n’est pas des vacances, ajoute-t-il. Le but, ce n’est pas d’être en grève jusqu’à la fin juin. »

Il espère mobiliser suffisamment d’étudiants pour organiser des actions retentissantes. « L’idéal, c’est deux ou trois actions par semaine, dit-il. Ce n’est pas juste les huit personnes de l’association étudiante [qui doivent y participer].

« Pour que les négociations aient lieu, il faut qu’il y ait un rapport de force. »

Les étudiants discuteront au moment du déclenchement de la grève le 21 février des modalités de reconduction de cette grève et du sort des cours qui, dans certains programmes, ne peuvent être annulés.

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