Emmanuel Delacour/TC Media De nombreux organismes doivent fermer leurs portes ou revoir leurs programmes depuis l'annonce des frais à Moisson Montréal.

Les organismes de sécurité alimentaire et Québec solidaire sont sans équivoque, les tarifs désormais exigés par Moisson Montréal auprès de ses membres ont déclenché une véritable «crise» dans la métropole.

Plusieurs programmes et ressources doivent être coupés pour subvenir au manque d’argent qu’occasionne la restructuration faite pour des «raisons administratives». Moisson Montréal a instauré des frais de service de 100 à 5 000$ annuels selon la quantité de denrées distribuées par semaine.

«Les temps sont durs pour les personnes les plus pauvres du Québec et pour les organismes qui s’en occupent. [Ces organismes] ont eux-mêmes de plus en plus de mal à nourrir les familles qui ont besoin de nourriture, parce que Moisson Montréal demande aux organismes qui font de la distribution de payer des frais énormes pour réussir à obtenir ces paniers alimentaires», affirme Françoise David, élue de la circonscription de Gouin.

En marge du Forum des idées pour le Québec qui se tient cette fin de semaine, Mme David souligne que les organismes qui font de la sécurité alimentaire sont parmi les moins bien financés par le gouvernement du Québec.

La co-porte-parole de Québec solidaire intime le gouvernement libéral à mieux financer son programme de soutien à l’action communautaire autonome.

«Ça relève vraiment de la gymnastique [pour certaines familles] que de faire trois, quatre, ou même cinq magasins pour se procurer ce que l’on veut à moindre coût. C’est en plus prendre des après-midi pour aller chercher des denrées gratuites ou très peu chères auprès des banques alimentaires», insiste Annie Pelletier, coordonnatrice générale de la maison d’Aurore.

Le groupe a distribué au travers de son programme «Bonne Boîte Bonne Bouffe» 843 boîtes contenant des fruits et des légumes diversifiés auprès de 140 personnes différentes l’an dernier dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Faute de financement, le programme doit cesser, sans qu’une alternative viable ait été trouvée, selon Mme Pelletier.

«J’ai passé ma semaine à recevoir des gens en pleur, parce qu’ils se posent la question « comment je vais faire pour arriver »», se désole Stéphane Lavoie, intervenant communautaire à la Maisonnette des Parents, un organisme de Rosemont – La Petite-Patrie.

Celui-ci craint particulièrement un dossier centralisé que voudrait mettre sur pied Moisson Montréal, qui aurait pour but de répertorier les usagers des services de sécurité alimentaire. «Le lien de confiance est brisé», ajoute M. Lavoie, qui redoute une perte de confidentialité auprès des membres.

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