Emmanuel Delacour Le Jardin Marcelle-Gauvreau vise à créer un espace préservant la biodiversité.

Un nouvel espace de détente pour les résidents, qui sert aussi d’aire de préservation de la biodiversité, sera officiellement inauguré le 27 septembre prochain, à l’angle de l’avenue Laurier et du Boulevard Pie-IX.

Le Jardin Marcelle-Gauvreau se trouve à deux pas du Jardin botanique de Montréal et de l’Insectarium et c’est avec des experts d’Espace pour la vie que celui-ci a été conçu.

L’enjeu principal: sauvegarder les papillons monarques, espèce dont la récente diminution de la population inquiète les entomologistes.

«Au cours de vingt dernières années, la population a baissé de 90 %, note Sonya Charest, biologiste spécialisée en monarques. Un mouvement a été lancé en Amérique du Nord, territoire de ce papillon, pour protéger l’espèce.»

Tout a été fait pour accommoder les monarques au Jardin Marcelle-Gauvreau. Plusieurs plants d’asclépiades y ont pris racine, cette fleur indigène étant essentielle à leur reproduction, puisque les femelles les privilégient pour y pondre leurs œufs et parce que les chenilles se nourrissent de leurs feuilles.

«Il faut aussi des espaces ensoleillés et à l’abri du vent pour attirer les monarques. Ces papillons migratoires passent l’été au Québec, qui est leur aire de reproduction. Ceux-ci partent ensuite vers le sud des États-Unis et le Mexique à l’automne. Plus ils emmagasinent de l’énergie ici, plus ils ont de chance de survivre à leur périple», indique Mme Charest, qui est agente de programmes éducatifs à l’Insectarium.

En plus d’offrir un lieu propice à la reproduction des monarques, le nouveau parc procure aussi des éléments essentiels à d’autres espèces d’insectes.

De petites cabanes en bois conçues pour les papillons qui passent l’hiver au Québec, tels que le morio, ont été mises en place afin de leur fournir des abris. Les asclépiades et d’autres plantes nectarifères assurent une source de nourriture pour papillons, abeilles et bourdons.

«Un bassin de galets humide et trois arches de brumisation ont été installés pour donner une source d’eau aux monarques et autres insectes. Ce parc s’inscrit dans notre stratégie de verdissement qui fait écho à notre résolution de faire de l’Arrondissement un lieu Ami des monarques», affirme François Croteau, maire de Rosemont – La Petite-Patrie.

Ce dernier souligne qu’une telle initiative de nécessite pas de défrayer des coûts supplémentaires lors de la conception d’espaces verts. «Ajouter une thématique de la sorte ajoute un peu de complexité au projet, mais 523 000$ pour un parc, c’est dans la moyenne.»

La population des monarques en forte baisse
Selon la biologiste de l’Insectarium, Sonya Charest, la quantité de monarques a grandement diminué depuis les 20 dernières années. La méthode de calcul de leur population se fait en nombre d’hectares couverts par ceux-ci.

Or, en 1996-1997 ceux-ci couvraient à leur plus fort 18 hectares.

En 2013-2014, ils avaient chuté à leur plus bas, soit à peine 0,7 hectare.

L’an dernier, la population avait connu un regain, se situant à près de 2,5 hectares.

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