Les Nouvelles Saint-Laurent News/Johanna Pellus Fondatrice de la Clinique multithérapie Proaction, sur le boulevard Marcel-Laurin, l'orthophoniste Agathe Tupula Kabola publie un troisième livre, sur le bégaiement.

À l’occasion de la journée mondiale du bégaiement, le 22 octobre, l’orthophoniste laurentienne Agathe Tupula Kabola sort un nouveau livre dédié à ce trouble de la parole. Avec Je bégaie…Laissez-moi parler!, l’auteure souhaite répondre aux questions des parents et des enseignants.

Identifier le bégaiement, débouler les mythes qui y sont associés et mettre en place des stratégies au quotidien font partie des sujets abordés dans l’ouvrage d’Agathe Tupula Kabola, publié aux Éditions du CHU Sainte-Justine.

«Le bégaiement touche davantage de gens qu’on ne le pense, soit environ 10 % des enfants d’âge préscolaire. Il persiste ensuite chez un tiers d’entre eux, puis chez 1 % des adultes», explique celle qui dirige également la Clinique multithérapie Proaction, à Saint-Laurent.

Il s’agit d’un trouble de la parole, qui est différent de ceux du langage. Les bègues savent très bien ce qu’ils veulent dire, mais la difficulté est mécanique et liée aux muscles.

Pour régler ce trouble, l’orthophoniste utilise le renforcement positif, inspiré du programme australien Lidcombe. «Il s’agit de récompenser l’enfant quand la parole est fluide et de lui faire un commentaire quand il bégaie», précise-t-elle. Pour les adultes, il s’agit plutôt d’apprendre à mieux vivre avec le bégaiement.

Expérience
«Le sujet m’a attiré pour mon troisième livre, car, dans ma famille, beaucoup de personnes bégaient, autant ici que dans mon pays d’origine, le Congo», souligne Mme Tupula Kabola.

Il s’agit aussi de sa clientèle préférée à la clinique, où les bègues forment environ 10 % des patients.

«Le trouble demeure assez mystérieux, confie-t-elle. On ignore pourquoi il touche davantage les garçons par exemple.»

Des recherches se font en orthophonie et en psychologie, mais elle voit le bégaiement comme un iceberg, car il cache aussi de la peur. Les bègues font face à plusieurs défis.

«À l’école, la bête noire est l’exposé oral, où l’élève peut être pénalisé parce qu’il bégaie. Certaines personnes vont jusqu’à changer de métier pour éviter de parler en public, sans compter les problèmes de sociabilisation et dans les relations amoureuses. J’ai même une amie qui a été expulsée de son programme d’études», raconte-t-elle.

Le coût du traitement du bégaiement peut être élevé en clinique privée, mais l’attente est longue dans le public. L’orthophoniste indique qu’il est aussi possible de se tourner vers des organismes, comme l’Association des jeunes bègues du Québec, et des cliniques universitaires. Les soins y sont assurés par des étudiants encadrés par des professionnels, comme Mme Tupula Kabola, qui y est un jour par semaine.

Mme Tupula Kabola avait publié son premier livre il y a deux ans sur le bilinguisme. Je bégaie…Laissez-moi parler! – Bien vivre avec le bégaiement sera en vente en librairie, en grande surface ainsi que editions-chu-sainte-justine.org dès le 22 octobre. Passionnée par l’écriture, elle assura qu’il y aura un autre livre ensuite.

Orthophoniste?
Il est le professionnel des troubles de la communication qui évalue et traite les personnes aux prises avec des problèmes de langage, de parole, de voix et de capacité d’avaler.

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