Johanna Pellus/TC Media Agathe Tupula Kabola souhaite répondre aux questions des gens du monde entier sur le bilinguisme. Son livre devrait être prochainement traduit par les Éditions du CHU Sainte-Justine, en plus d'être distribué en Europe francophone.

L’orthophoniste Agathe Tupula Kabola veut balayer les préjugés sur le bilinguisme. La Laurentienne, qui a fondé il y a quatre ans une clinique qui offre des services de réadaptation dans neuf langues, publiera son premier livre en septembre.

Le bilinguisme, un atout dans son jeu – Pour une éducation bilingue réussie découle presque d’une évidence pour celle qui a grandi à Saint-Laurent et côtoyé de nombreuses cultures.

«Les parents me posent des tonnes de questions. Ils ont beaucoup de craintes, et aussi de mythes, sur le bilinguisme», raconte Mme Tupula Kabola.

Alors qu’elle propose, avec l’aide d’une quinzaine de professionnels, des services en français, anglais, espagnol, arabe, vietnamien, perse, mandarin, grec et kirundi dans sa Clinique multithérapie Proaction de l’avenue Marcel-Laurin, elle souhaite expliquer la richesse de connaître plusieurs langues au plus grand nombre.

«Les gens pensent à tort que le bilinguisme va mélanger les enfants. Certains vont même jusque retirer complètement leur langue d’origine dans un souci d’aider l’enfant, mais ils ne savent pas que c’est nuisible d’enlever une partie de son identité», précise-t-elle.

Elle se réfère aussi à sa propre expérience. Trilingue, elle ne parle pas sa langue d’origine, le tshiluba, et se sent coupée d’une partie de sa famille lorsqu’elle leur rend visite en République démocratique du Congo.

Outils
Couverture Le bilinguisme Agathe Tupula KabolaLoin d’être politique, le livre sert notamment aux familles et aux professionnels de l’éducation et la santé.

«C’est vraiment pour donner des outils aux parents, ce n’est pas dans le but d’imposer le choix du bilinguisme», rassure-t-elle.

En plus de définir le bilinguisme, ses mythes et ses réalités, Agathe Tupula Kabola présente le cas précis d’enfants avec des troubles du langage et ses signaux d’alerte. Elle a réservé un chapitre complet aux trucs et astuces, car «la difficulté, ce n’est pas tant de devenir bilingue, c’est vraiment de le rester».

Celle qui a réalisé sa thèse d’université sur les différences entre le retard d’acquisition d’une langue seconde et le trouble de langage liste également les avantages du bilinguisme à tous les âges de la vie.

«Des études montrent que les enfants bilingues tendent à mieux réussir à l’école et apprennent plus facilement à lire et écrire, car ils ont une conscience phonologique plus développée», résume-t-elle.

D’autre part, les résultats montrent que les aînés bilingues ont une meilleure mémoire et que leur vieillissement cognitif est ralenti. Les premiers signes de démence apparaissent jusqu’à cinq à sept ans plus tard.

Le bilinguisme, un atout dans son jeu – Pour une éducation bilingue réussie sera disponible en librairie, dans les grandes surfaces et sur editions-chu-sainte-justine.org le 28 septembre.

«Les limites de ma langue sont les limites de mon monde.»

La citation du philosophe Ludwig Wittgenstein figure en bonne place dans le livre de Mme Tupula Kabola, qui explique que notre perception du monde dépend de la langue que l’on parle. Par exemple, en mandarin, le futur est beaucoup plus proche qu’en français ou en anglais.

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