Audrey Gauthier/TC Media De nombreux propriétaires ont dû baisser leur prix pour vendre leur propriété.

Le prix médian des habitations à Saint-Léonard est à la baisse, une tendance à contre-courant de celle que l’on constate à l’échelle de la métropole.

Au cours des 12 derniers mois, se terminant en septembre 2016, le prix des unifamiliales, copropriétés et plex a chuté dans le territoire léonardois, l’un des seuls à vivre une baisse de prix.

«Ce n’est pas le secteur le plus populaire des 12 derniers mois. On remarque également un petit déséquilibre entre l’offre et la demande, ce qui pourrait expliquer qu’il y a une pression à la baisse des prix», fait valoir Paul Cardinal, directeur du service d’analyse de marché à la Fédération des chambres immobilières du Québec.

«L’embourgeoisement d’un quartier ainsi que de nouvelles constructions et rénovations augmentent la valeur des propriétés d’un secteur. Toutefois, ce n’est pas une réalité que vit le quartier Saint-Léonard», ajoute l’économiste de JLR, Johannie Fontaine.

De plus, l’arrondissement se classe au deuxième rang des plus fortes variations négatives pour les unifamiliales (-7%) et plex (-1%). Il est au premier rang dans la baisse des prix des copropriétés (-5%), un constat qui ne surprend pas.

«Il y a eu la construction de 700 à 800 condos au cours des deux dernières années à Saint-Léonard. Le résident qui veut vendre son condo au même prix qu’un neuf n’y arrivera pas. Le marché de la copropriété est difficile en ce moment», indique Denis Bureau, courtier immobilier agréé à Services immobiliers Versailles.

«Quand on était dans un marché de vendeur, les prix étaient gonflés artificiellement. Là, on revient vers la réalité. Les ventes sont toujours profitables, mais moins que par le passé», poursuit Nicola Fiasche, courtier immobilier agréé de Re/Max Solutions.

Les terrains
Une réalité propre au secteur de Saint-Léonard est que nombreux sont les acheteurs qui se procurent une maison pour la démolir et en reconstruire une à leur goût.

«J’ai un propriétaire qui a acheté sa maison en 1960. Même s’il a fait des travaux sur la façade et l’extérieur, l’intérieur est encore d’époque. Même si l’évaluation est de 401 000$, je pense la vendre dans les 360 000$, car les acheteurs vont prendre en compte le coût de la rénovation de l’intérieur, comme la salle de bain, dans le prix», explique M. Bureau.

Selon ce dernier, nombre d’acheteurs de Saint-Léonard achètent davantage le terrain que la maison qui y est située.

«Un de mes clients a acheté une maison à 350 000$ et après la démolition et la reconstruction, elle vaut plus d’un million de dollars. C’est un des seuls secteurs à Montréal où les acheteurs évaluent le prix d’une maison comme s’ils achetaient le terrain», précise M. Bureau.

Malgré les baisses, tous s’entendent pour dire que la situation n’est pas dramatique.

«Même s’il y a une baisse du prix, les propriétaires font toujours du profit. Mon client qui a acheté sa maison en 1960 l’a payée 16 000$. Je vais réussir à la vendre plus de 20 fois le prix», souligne M. Bureau.

Unifamiliale Copropriété Plex (2 à 5 logements)
Prix médian ($) Variation (%) Prix médian ($) Variation (%) Prix médian ($) Variation (%)
Montréal 380 000 3 282 500 2 480 000 2
Saint-Léonard 395 000 -7 236 000 -5 564 000 -1

Aussi dans Actualités :

blog comments powered by Disqus