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Alors qu’un adulte sur cinq souffre d’obésité à Saint-Léonard, le quartier perdra, d’ici quelques mois, sa chargée de projet en saines habitudes de vie

Laura Carli travaille depuis le mois d’août à coordonner et accompagner des organismes dans leurs projets pour améliorer les saines habitudes de vie des résidents de moins de 17 ans. Cette personne ressource a toutefois jusqu’en juin 2017 pour s’assurer que les projets du programme Ensemble, pour un Saint-Léonard en forme demeurent malgré la perte de financement de Québec en forme, principal bailleur de fonds.

«Il faut s’assurer que la préoccupation pour améliorer les saines habitudes de vie du quartier continue, car il reste encore beaucoup de travail à faire», souligne Mme Carli.

Plusieurs actions ont été menées pour améliorer la santé des Léonardois au cours des dernières années, comme des formations auprès d’intervenants en petite-enfance ou des ateliers d’agriculture urbaine dans des jardins communautaires.

Un problème de santé publique

Malgré tout, Saint-Léonard est toujours au-dessus de la moyenne montréalaise pour ce qui touche la population sédentaire et l’obésité.

Laura Carli Saint-Léonard

Laura Carli est la nouvelle chargée de projet en saines habitudes de vie.

En effet, selon l’Enquête québécoise sur la santé de la population réalisée par la Direction régionale de santé publique, un peu plus de 21 % des Léonardois de plus de 18 ans étaient obèses comparé à 17 % à Montréal. De plus, moins d’une personne sur trois fait de l’activité physique sur le territoire de Saint-Léonard–Saint-Michel, alors que la moyenne montréalaise est près d’une personne sur deux, pour 2014-2015.

«Peu de gens se déplacent en transport actif. Saint-Léonard a été conçu pour la voiture. Nombre d’entre eux hésitent à utiliser les transports actifs, car ils ne se sentent pas en sécurité en raison de la circulation automobile», indique Yvan Tremblay, chef de service à la participation citoyenne et à la promotion de la santé globale des communautés au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’île-de-Montréal.

Saint-Léonard vit égallement des défis particuliers, notamment avec sa forte population immigrante.

«Une étude montre que la santé des immigrants se détériore cinq ans après leur arrivée au Québec. Il faut voir ce qui peut être fait pour changer ça», affirme M. Tremblay, ajoutant que le CIUSSS et l’Accueil aux immigrants de l’est de Montréal se penchent déjà sur ce dossier.

En faisant des projets pour améliorer les saines habitudes de vie des Léonardois, notamment en faisant la promotion d’une meilleure alimentation et d’exercice physique, le chef de service croit qu’il serait possible de diminuer les cas de maladies chroniques.

«De mauvaises habitudes de vie favorisent le développement de maladies, comme l’hypertension et le diabète de type 2. Ce sont des maladies évitables si on fait de l’exercice et mange mieux», laisse-t-il savoir.

Selon le Topo de la santé de la population, 16 % de la population de Saint-Léonard–Saint-Michel souffre d’hypertension et 7 % de diabète.

Pérénité
Afin de continuer à améliorer la santé des Léonardois, la pérennité des projets d’Ensemble, pour un Saint-Léonard en forme devient alors d’une grande importance. C’est d’ailleurs l’un des mandats de la chargée de projet en saines habitudes de vie.

«Nous devons réfléchir afin de continuer les projets importants et nécessaires, notamment les formations actives et gourmandes ainsi que le projet Ensemble, on a du fun. Nous avons, entre autres, demandé un coût pour des activités, pour ainsi trouver d’autres sources de revenus», révèle Mme Carli.

Malgré tout, elle croit que les projets ont un bon espoir de survie.

«Les projets sont menés par différents acteurs, dans un procédé de concertation. Ça va aider à les continuer après mon départ», fait-elle valoir.

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