Remrov Remrov dessine toujours avec son oiseau Pilaf sur son épaule ou dans sa main.

Le dessinateur Remrov va exposer certaines de ses œuvres au Centre Leonardo da Vinci pendant une semaine. Cet artiste autiste a choisi d’utiliser son handicap pour en faire une force.

Avec son oiseau Pilaf systématiquement posé sur son épaule ou au creux de sa main, Remrov dessine le monde à travers ses yeux d’autiste. « Je vois le monde comme une infinité de minuscules détails et mes dessins sont donc comme cela », analyse le dessinateur montréalais.

Son œuvre hyperréaliste sera exposée pour la première fois au Centre Leonardo da Vinci de Saint-Léonard du 14 au 21 mars. « Je suis vraiment content, c’est ma première en solo, mais je suis aussi un peu nerveux de me retrouver en société », ajoute l’artiste qui sera présent pour le vernissage ce mardi et qui présentera ses douze dessins retenus pour cet événement.

« Il y a beaucoup d’animaux, car j’adore les animaux. Je viens aussi de terminer un portrait de l’acteur Benedict Cumberbatch, car j’aime beaucoup la série Sherlock. Ce personnage est autiste et je partage ce qu’il ressent », raconte Remrov.

Longtemps bridé par son handicap en société, ce jeune autiste a mis du temps avant de réussir à s’exprimer librement. S’il a toujours dessiné, cela ne fait que cinq ans qu’il se consacre pleinement à cette activité. Le chaos de la ville le perturbe néanmoins encore et il ne trouve le repos qu’à travers le tracé de son crayon. « Lorsque je dessine, je ne me concentre que sur les détails et cela m’aide à me détendre. C’est automatique pour moi, j’aurais beaucoup de mal à être abstrait », explique-t-il.

Le souci extrême du détail oblige l’artiste à rester entre 90 et 120 heures à son atelier pour retranscrire à la perfection les images qu’il tente de reproduire.

Par ses réalisations artistiques, Remrov est devenu un porte-parole de l’autisme et participe à de nombreuses conférences pour parler de sa différence et l’expliquer. « J’éveille les consciences. Je pense qu’il est essentiel de montrer ce qu’on est capable de faire et de s’intéresser à nos forces plutôt qu’à nos faiblesses », estime le dessinateur. Sur son site internet, l’artiste montréalais a aussi partagé plusieurs vidéos pour raconter son handicap et lister les enjeux quotidiens auxquels sont confrontés les autistes.

L’an dernier, un autre jeune autiste, Maxwell Bitton, avait déclenché l’admiration en exposant une quarantaine de toiles au Musée des Beaux-Arts de Montréal. En incarnant un second exemple du dépassement de ce handicap, Remrov démontre encore une fois que l’art peut faire office de thérapie pour les personnes autistes. Il espère désormais convaincre les Léonardois avec ses œuvres personnelles et militantes. « J’ai déjà envie de faire une autre exposition », avoue d’ailleurs cet artiste insatiable.

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