Nicolas Ledain / TC Media À 79 ans, Ellen Schryburt continue de travailler quatre jours par semaine à la société de Saint-Vincent-de-Paul de Saint-Léonard.

La Léonardoise Ellen Schryburt vient de recevoir le titre de « Bâtisseuse de la cité ». Cela fait 40 ans que la responsable de la société de Saint-Vincent-de-Paul accompagne les immigrés et les personnes dans le besoin à Saint-Léonard.

« Un jour, ma voisine me demande : “Ellen, tu n’es pas tannée ? Quand vas-tu faire quelque chose que tu aimes ?” Elle n’a pas compris que cela fait 40 ans que je fais ce que j’aime. » L’anecdote fait rire Ellen Schryburt et elle en dit long sur le caractère de cette femme engagée depuis quatre décennies auprès des démunis.

À 79 ans, la responsable de la société Saint-Vincent-de-Paul (SSVP) de Saint-Léonard continue de travailler quatre jours par semaine pour l’organisation caritative. « Avec mon mari, nous sommes mariés depuis 60 ans et il fait aussi du bénévolat. Quand on rentre le soir à la maison, on a des choses à se dire », lance Ellen en souriant.

Au-delà de rapporter des histoires dans son foyer, l’engagement d’Ellen a permis de créer le Garde-manger de Rosalie et la Boutique d’Amélie pour proposer de la nourriture, des vêtements et des meubles aux gens dans le besoin. Elle a aussi lancé l’Acceuil aux immigrants de l’est de Montréal dans les années 80, un organisme qui est aujourd’hui reconnu et financé par le ministère de l’Immigration.

Pour ces programmes, la septuagénaire a été honorée du titre de « Bâtisseuse de la cité » le 17 mars aux côtés de 18 autres Montréalaises. La désignation est belle, mais Ellen n’a pas préparé de place au-dessus de sa cheminée pour ce diplôme honorifique. Elle a préféré le ranger discrètement dans un dossier. « Cela ne change pas grand-chose. Si je pouvais, je refuserais tous les titres et les honneurs, mais il paraît que je dois faire cela pour inciter les autres à s’engager », raconte-t-elle.

Aux grandes cérémonies, la responsable de la SSVP préfère le travail de terrain. « Je préfère être importante pour ceux qui comptent. La plupart des gens dans le besoin dans l’arrondissement savent qu’il faut venir voir Madame Ellen », se félicite la Léonardoise.

Un épisode de la vie d’Ellen Schryburt illustre d’ailleurs cet altruisme. Dans les années 90, son travail au sein de l’organisation caritative l’avait menée à la présidence nationale de la SSVP. Le poste était prestigieux, mais trop loin des enjeux locaux. Elle a donc préféré revenir à Saint-Léonard : « Le contact avec les gens dans le besoin me manquait (…). C’est la misère qui me motive à vouloir aider. Je veux tout faire pour que ces personnes soient plus heureuses. »

La plus grande fierté de cette bénévole au grand cœur est de voir les bénéficiaires de la SSVP s’en sortir. Certains ont même repris le flambeau au sein de l’Acceuil aux immigrants de l’est de Montréal, d’autres sont devenus bénévoles dans l’organisation caritative qu’elle dirige. « C’est gratifiant de voir cela. Je me dis qu’ils sont sur de bons chemins grâce à ce qu’on fait », réagit Ellen.

La SSVP de Saint-Léonard a encore aidé 324 ménages l’an dernier, mais l’organisation manque de jeunes bénévoles pour prendre la relève. La nouvelle « Bâtisseuse de la cité » espère que certains entendront cet appel, même si elle n’est pas encore prête à passer la main. « J’arrêterai un jour, mais je ne sais pas quand. Tant que je peux, je continue. Je vais faire quoi chez nous ? Je ne veux pas rester toute la journée à m’occuper de mes chats », s’insurge Ellen Schryburt en plaisantant.

20 nouvelles “Bâtisseuses de la cité” en 2017
Depuis 2011, la Ville de Montréal décerne des titres de « Bâtisseuses de la cité » à des femmes « en reconnaissance de leur contribution exceptionnelle au développement de la métropole. » Cette année, 20 femmes ont été honorées pour le 375e anniversaire de la métropole.

La Ville voulait rendre hommage à une représentante de chaque arrondissement et à une Montréalaise issue des peuples autochtones à travers une récompense nommée « Prix Origine ». Cette distinction a été accordée à Alanis O’Bomsawin, « cinéaste engagée dans les causes des Peuples autochtones ». « Sa contribution documentaire sur le sujet est sans commune mesure », a estimé la Ville de Montréal dans un communiqué de presse.

Aussi dans Actualités :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!