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Près d’un enfant sur trois vit dans la pauvreté dans la circonscription de Saint-Léonard—Saint-Michel, selon un rapport publié par l’organisme Campagne 2000.

Ce dernier y a recensé pas moins de 8730 enfants âgés de 0 à 17 ans vivant au sein de familles à faibles revenus. Ce nombre représente près de 32% des enfants de la circonscription.

Saint-Léonard—Saint-Michel est la troisième circonscription fédérale au Québec, et la 16e au Canada, où le taux de pauvreté infantile est le plus élevé. Ville-Marie—Le-Sud-Ouest—Île-des-Sœurs figure en tête de liste dans la province et cinquième au pays.

Le rapport souligne qu’à l’échelle du Canada, la pauvreté infantile est plus fréquente dans les secteurs comptant notamment une forte proportion d’Autochtones, de personnes racisées, d’immigrants et de familles monoparentales.

Les statistiques présentées par Campagne 2000 sont basées sur les déclarations fiscales de 2015. Elles ne permettent pas de faire de bilans distincts pour les quartiers de Saint-Léonard et de Saint-Michel.

Le profil sociodémographique de Saint-Léonard, réalisé par la Ville de Montréal à partir des données du recensement réalisé par Statistiques Canada en 2016, indique que près de 16% des quelque 76 000 personnes vivant dans un ménage privé à Saint-Léonard sont dans une situation de faible revenu.

La situation est un peu plus inquiétante à Villeray—Saint-Michel—Parc-Extension alors que près du quart des 142 700 personnes sont dans une situation à faible revenu.

Une pauvreté qui gagne du terrain
Bien que la pauvreté semble moins présente à Saint-Léonard qu’à Saint-Michel, elle y gagne du terrain, selon un intervenant jeunesse du secteur.

« Les intervenants sur le terrain mentionnent aussi que le quartier change depuis plusieurs années. Nous ne sommes donc pas surpris des chiffres d’aujourd’hui, mais c’est tout de même préoccupant, indique Patrice Clément, coordonnateur de la table de Concertation en Petite Enfance de Saint-Léonard. Nous ne sommes pas heureux de la situation. Dans le quartier, nous prenons le problème dans son ensemble et visons l’amélioration générale des conditions de vie. »

Suite à une rencontre avec la Direction de la Santé publique mercredi dernier, les budgets accordés aux organismes jeunesse de l’ensemble des quartiers de Montréal ont été revus. Ces montants sont établis en fonction d’un indice de vulnérabilité, définie entre autres par le nombre d’enfants vulnérables dans au moins un domaine de développement.

Saint-Léonard recevra une hausse budgétaire considérable au cours des prochaines années; de 187 000$ en 2019, les subventions pour les Services intégrés en périnatalité et en petite enfance (SIPPE) se chiffreront à 240 000$ en 2021.

Ce financement contribue indirectement à divers partenaires pour la francisation, l’accueil des nouvelles familles, la sécurité alimentaire, l’aide au logement et la recherche d’emploi.

« Nous espérons, malgré le côté négatif des statistiques, que cela pourra nous servir d’outil auprès des bailleurs de fonds, affirme M. Clément. Nous devons pouvoir investir davantage pour avoir les moyens nécessaires et ainsi ne plus voir de telles statistiques dans les prochaines années. »

Une situation qui s’améliore ?
Nicola Di Iorio, député libéral de la circonscription Saint-Léonard—Saint-Michel, se dit bien au fait des problèmes de la pauvreté infantile, soulignant au passage qu’il a grandi dans Papineau, circonscription qui affiche le quatrième plus haut pourcentage de pauvreté infantile au Québec (30%).

Il souligne toutefois que plusieurs facteurs ne sont pas pris en compte dans le calcul des données présentées par Campagne 2000. Il estime notamment que certaines personnes sont dans une période de pauvreté « transitoire ».

Di Iorio rappelle que depuis 2015, année baromètre utilisée pour l’étude de Campagne 2000, le gouvernement fédéral a mis sur place l’Allocation canadienne pour enfants (ACE) qui vise à soutenir financièrement ceux qui se trouvent dans cette situation. Les montants distribués sont définis selon le revenu familial et le nombre d’enfants. « C’est toujours quelque chose qui nous accapare au quotidien. C’est bien évident, que comme société, il faut que les gens aient les moyens de vivre adéquatement, » affirme le député.

Dans son rapport, Campagne 2000 plaide que l’ACE n’est pas la panacée, soulignant que selon l’Enquête canadienne sur le revenu, le taux de pauvreté infantile n’a diminué que de 1,2% de 2015 à 2016 et que « de toute évidence, il reste beaucoup de travail à faire. »

À compter de juillet 2018, l’ACE sera indexée de façon à suivre le rythme du coût de la vie. Le montant de la prestation annuelle maximale augmentera à 6 496 $ par enfant âgé de moins de six ans, et à 5 481 $ par enfant âgé de six à dix-sept ans.

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