Denis Germain Agata De Santis est à la tête de sa propre compagnie de production, Redhead Productions.

Dans son documentaire « Terra Mia » (Ma terre) qui sera présenté à la Semaine italienne de Montréal, Agata de Santis. Au cœur de son film, l’avenir de la culture italienne et le rapport entre les générations. Le Progrès a rencontré la réalisatrice, productrice et écrivaine dans le célèbre Café Milano, à Saint-Léonard.

L’idée de son tout dernier documentaire a émergé en octobre 2017, alors qu’elle avait par hasard croisé dans un café un documentariste et ami, Nicola Zavaglia. Ce dernier lui avait expliqué son déchirement entre ses origines italiennes et la culture canadienne.

Songeuse, Mme De Santis a mijoté sur l’enjeu durant quelques mois avant de soumettre une idée de tournage à CBC, pour sa série estivale « Absolutely Québec ». La chaîne de télévision a retenu son projet. La femme de 43 ans a réussi par la suite à avoir l’autorisation de projeter « Terra Mia » lors de la Semaine italienne.

D’une durée de 45 minutes, le documentaire suit Agata De Santis au gré de ses rencontres avec des gens de tout âge dans le but de créer un choc des générations; à commencer par des membres de sa famille. Elle aborde également le sujet avec des porte-paroles de la Casa d’Italia et une jeune association étudiante d’italiens de l’Université McGill.

Avez-vous toujours tenu une proximité importante avec la culture italienne ?

Je suis née ici, mais mes parents sont italiens et j’étais leur premier enfant. Avant de commencer l’école, je ne parlais qu’italien à la maison. [C’est ma seule langue] jusqu’à l’âge de cinq ans. J’ai commencé l’école sans savoir un mot anglais.

Quand j’ai commencé à écrire, j’étais à The Gazette et personne n’écrivait sur la communauté italienne; j’ai commencé avec ça. J’ai fait plusieurs autres projets de films qui ne parlent pas de la communauté, mais c’est vrai que je me tourne souvent vers elle. Je fais ce travail pour que la communauté continue de faire parler d’elle.

Que désirez-vous déclencher avec ce documentaire ?

C’est mon petit trajet pour comprendre le futur de la communauté italienne de Montréal. Je veux que le monde voit le film et qu’on commence une conversation. Je veux qu’on discute  et qu’on soit proactif.

Quels constats avez-vous tirés de votre démarche ?

J’étais surprise de voir que la relation entre les grands-parents et les enfants, si elle est assez forte, les jeunes sont vraiment plus intéressés à leur histoire. En discutant avec l’association d’étudiants italiens de McGill, ils m’ont tous dit que ce n’était pas vraiment avec leurs parents qu’ils sont attachés à la culture italienne, c’est avec les grands-parents. Ça, j’étais surprise. Même dans ma famille, c’est juste ma mère qui parle avec les plus petits en italien, nous on leur parle en anglais. La conclusion du film est que si les jeunes sont attachées à leur culture, on doit les laisser eux-mêmes décider comment transmettre la culture.

Jugez-vous que la culture italienne est entre bonnes mains ?

Oui, mais la question est comment peut-on la conserver ? Les plus vieux veulent que ma génération, on fasse comme eux, qu’on travaille avec les organismes communautaires. Le problème, c’est que ça ne va pas marcher, parce qu’on est intéressé à faire autre chose. Une intervenante que j’ai rencontrée m’a expliqué que les jeunes ne sont pas intéressés à organiser une soirée spaghetti, par exemple, même s’ils sont attachés à leur culture.

Est-ce qu’une de vos rencontres s’est avérée plus marquante que les autres ?

Le film est sous forme de petites vignettes. C’est comme mon petit voyage. J’ai réalisé un trajet en rencontrant les gens. Il n’y a rien qui m’a fait dire « Oh wow, ça, c’est formidable ». C’est plutôt que chaque rencontre amenait quelque chose d’intéressant. Chaque tournage influençait mon prochain tournage.

Dates de projection durant la semaine italienne:

3 août, 19h, Casa d’Italia

4 août, 14h et 19h30

6 août, 19h, Centre Leonardo da Vinci

8 août, 19h, Musée McCord

Date de projection à CBC:

11 août

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