Plus les décennies défilent, et plus la vie devient compliquée pour la jeunesse. Malheureusement, trop de gens de ma génération s’apitoient sur leur sort, mettant le blâme en entier sur la société d’aujourd’hui. Je suis tout à fait d’accord que trop souvent elle n’arrange rien, mais ce n’est pas une raison pour laisser notre existence dériver.

Nous avons tous une petite flamme en nous qui se nomme  »Volonté ». Nous devons seulement brasser un peu notre brasier intérieur, le raviver avec  »L’effort », et voilà!!! Le feu de  »L’espoir et de la réussite » s’allument!

Je suis la preuve vivante que si on veut vraiment s’en sortir, on peut! Peu importe notre génération, nos problèmes et notre vécu.

J’ai grandi auprès de ma grand-mère. Une femme remplie de bonté, mais surtout d’amour. Elle m’en donnait pour deux! Peut-être pour compenser celui que ma mère semi-présente ne pouvait me donner. J’ai eu une superbe éducation basée sur des valeurs telles que le respect, la famille et le pardon. Je trouve cela étonnant d’avoir dévié ainsi de la belle autoroute de la vie où l’on m’avait placée.

Bonne à l’école, encadrement impeccable, de l’amour de ma famille… mis à part ma mère, tous ont participé activement à mon éducation. Mon parrain a pris le rôle de celui que je n’ai jamais connu: mon père. Il a pris ce rôle de sa propre initiative, de bon cœur, sans que qui ce soit le lui demande. Sa femme, tout particulièrement, et mes autres tantes étaient toutes là dans mon quotidien et m’encourageaient à aller très loin vu mon potentiel. Lorsque je fais la rétrospective de ma vie, cela me perturbe de voir que j’ai pu tomber aussi bas par la suite.

À seize ans, j’ai abandonné l’école après mon quatrième secondaire. Ensuite, je suis partie de chez moi pour aller vivre, ce que je croyais à ce moment,  »MA » vraie vie. Évidemment, tout ne s’est pas déroulé comme je l’avais imaginé…

J’ai eu plusieurs relations avec des hommes peu recommandables et aussi parfois violents. J’ai même consommé des drogues dures. J’ai perdu pied. Tous ceux qui me côtoyaient s’entendaient pour dire que j’étais une cause perdue. J’avais mis ma famille de côté, par orgueil et par honte de ce que j’étais devenue.

Un jour, j’ai réalisé que je touchais le bas fond. Je me suis rendue compte que j’étais complètement seule. Ce jour là, j’ai décidé que ma vie allait changer.

Aujourd’hui j’ai vingt-cinq ans et même si je reviens de loin, j’ai de quoi être fière de moi. Je n’ai pas peur de le crier haut et fort! J’ai travaillé très fort pour être où je suis maintenant. Plusieurs personnes que j’ai fréquentées durant mes années sombres en sont toujours au même point. Ils se plaignent toujours de leur sort, blâmant la société et leur famille. Contrairement à eux, je me suis relevée. De toutes mes forces, je me suis battue contre mes démons. Et me voilà!!! De retour sur la belle autoroute de la vie où on m’avait placée dans ma jeunesse.

En ce moment, je m’apprête à avoir mon diplôme d’études secondaires pour pouvoir ensuite poursuivre mes études en graphisme au cégep. Sobre depuis deux ans, les drogues, la rue et le vice ne font définitivement plus partie de ma vie.

Alors, comme je disais plus tôt, tout le monde peut s’en sortir. Si moi qui étais  »une cause perdue » aux dires des gens j’ai réussi, n’importe qui peut le faire. Il suffit d’y croire, retrouver la volonté en nous et d’y mettre l’effort.

Marie-Michelle Girard

Centre aux adultes Antoine-de Saint-Exupéry

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