Robes, souliers et accessoires gratuits, le projet des «Fées marraines», qui a pris naissance à Saint-Léonard, ne cesse de prendre de l’ampleur. En fin de semaine dernière, une trentaine de bénévoles ont pris sous leurs ailes plus de 80 jeunes filles issues de milieux défavorisés, afin qu’elles puissent vivre un bal de finissants digne d’un conte de fées.

Les coûts globaux pour une soirée de bal traditionnelle peuvent être exorbitants et atteindre jusqu’à 2000 $, dans certains cas. Il va de soi que quelques étudiantes et leurs parents n’ont pas les moyens financiers de s’offrir ce rituel.

Consciente de cette réalité, Linda Blouin, enseignante à l’école secondaire Antoine-de-Saint-Exupéry, à Saint-Léonard, a décidé de remédier à la situation, il y a quelques années.

«Je m’implique depuis longtemps dans l’organisation du bal de finissants de l’école. Chaque année, je voyais des jeunes filles qui ne pouvaient pas se permettre d’y assister, par manque de moyens. Ça m’attristait beaucoup», explique l’enseignante en langue seconde.

Au départ, Mme Blouin fouillait dans sa collection personnelle pour fournir des vêtements à ces jeunes.

«C’était important pour moi de permettre à mes élèves de pouvoir participer au bal, sauf que la demande est devenue de plus en plus grande. Ma propre garde-robe ne suffisait plus. Avec une collègue, nous avons donc commencé à récolter les dons de robes de bals usagées, dans l’école. Les gens, autant les élèves que des organismes du quartier, ont embarqué dans le projet assez rapidement», continue Mme Blouin.

L’année dernière, 65 robes ont été récoltées et 16 jeunes d’Antoine-de-Saint-Exupéry ont pu magasiner la leur, parmi celles-ci.

Effet boule de neige
Mais cette année, le projet léonardois a gagné en importance.

Entourée d’une équipe de plus de 30 bénévoles, Linda Blouin a pu se permettre d’étendre son projet à la grandeur de l’île de Montréal, ainsi qu’en banlieue.

«Si on m’avait dit il y a un an que j’en serais là quelques mois plus tard, je ne l’aurais jamais cru. C’est complètement fou», s’exclame l’instigatrice du projet.

Dans les locaux de la collection de vêtements «Dragone», en plein centre-ville de Montréal, les bénévoles ont accueilli, en fin de semaine dernière, 85 filles à la recherche de leur robe de rêve.

«Vous seriez surpris de constater combien d’adolescentes se priveraient de participer au bal par manque de ressources, mentionne Anne-Marie Romanin, membre de l’équipe de bénévoles. Le besoin est criant.»

Au départ, l’équipe s’attendait à 50 inscriptions. Finalement, c’est 85 candidatures qui ont été déposées en quelques semaines seulement.

«Par fierté, les adolescentes ne viennent pas chercher de l’aide seules. C’est souvent le personnel enseignant ou de soutien qui nous réfèrent les jeunes en difficulté. Ils connaissent bien la situation de chacun», soutient Mme Romanin.

Ne s’inscrit donc pas qui veut. «On vérifie bien si les jeunes ont véritablement besoin d’aide. Il y a tout un processus derrière cela», renchérit la bénévole.

Partenaires recherchés
Pour les années futures, «Fées marraines» met la barre haute.

«Ce qu’on souhaite, c’est de gagner en importance et d’aider de plus en plus d’élèves, année après année», affirme Linda Blouin, le sourire aux lèvres.

Pour ce faire, Mme Blouin se doit de recruter de la main d’œuvre.

«On n’est jamais assez», souligne-t-elle.

Également, comme les robes sont pour l’instant récoltées uniquement dans les écoles secondaires, il est parfois difficile pour les gens intéressés de faire un don, étant donné les heures d’ouverture peu flexibles.

«On aimerait beaucoup trouver des organismes ou des entreprises qui souhaiteraient s’impliquer en devenant des points de dépôt, à Montréal et en banlieue. Cela serait un beau cadeau pour nos jeunes dans le besoin», conclut l’enseignante.

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