Audrey Gauthier/TC Media Ellen Schryburt voudrait qu'il y ait plus de banques alimentaires à Saint-Léonard pour répondre à la demande.

La demande pour des dépannages alimentaires continue d’augmenter à Saint-Léonard, alors que la Société Saint-Vincent-de-Paul – Saint-Léonard (SSVP–STL) doit refuser des gens à quelques semaines des Fêtes.

«Les besoins à Saint-Léonard augmentent. Des fois, nous vidons tous nos congélateurs, car nous manquons de marchandises. Nous avons une liste d’attente, elle n’est pas très longue, mais nous ne voulons pas que les gens aient faim», indique la présidente de l’organisme Ellen Schryburt.

La situation n’est pas unique à Saint-Léonard. Selon le bilan de la faim produit par Moisson Montréal, 3454 ménages ont visité une banque alimentaire pour la première fois en 2015, contre 3348 en 2014.

«Moisson Montréal ne peut que réitérer son soutien aux 244 organismes communautaires qu’elle dessert sur l’île de Montréal en raison de la hausse de la demande d’aide alimentaire. Bien que les services d’aide sous forme de provisions aient diminué, le nombre de repas servis a augmenté en flèche en 2015 (hausse de 22%)», peut-on lire dans le rapport de Moisson Montréal.

Les personnes pouvant bénéficier du service de banque alimentaire de la SSVP–STL ont des revenus de moins de 500$ par mois pour se nourrir et se vêtir.

«Sans le dépannage, j’aurais beaucoup de difficulté à boucler le mois. J’utilise tous les moyens possibles pour m’assurer que ma fille et moi puissions manger», mentionne Mme Lafontaine, une résidente qui bénéficie du service depuis trois ans.

«Ça enlève un poids et ça nous permet de manger autre chose que des pâtes», ajoute Pierre Garry, un résident du quartier et membre de la SSVP depuis un an.

«J’ai perdu mon emploi et je suis enceinte. Ça m’enlève beaucoup de stress de savoir que je peux profiter de ce service», poursuit Mme Maine, qui est inscrite à la SSVP depuis quelques mois.

Un besoin qui touche tout le monde
Par semaine, l’organisme dessert en moyenne 200 personnes. Lors du passage de TC Media, l’organisme a servi 127 ménages, composés de 163 adultes et 93 enfants.

«Nous accueillons des gens de toutes les cultures, mais nous recevons beaucoup d’immigrants. Certains arrivent à Montréal avec 4500$ en poche. Ce n’est pas possible de vivre plusieurs mois avec ce montant. Il faut les aider», souligne Mme Schryburt.

Parmi les organismes desservis par Moisson Montréal dans l’arrondissement, deux sont gérés par des organismes multiculturels, soit le Mouvement fraternité multi-ethnique et l’Association haïtiano-canado-québécoise de promotion culturelle et artistique d’aide aux démunis.

«Il faut ajouter des banques alimentaires, notamment au sud de la métropolitaine. On y retrouve une population dans le besoin», laisse savoir Mme Schryburt.

Avec la venue de réfugiés syriens dans la métropole, les besoins en sécurité alimentaire pourraient augmenter.

«Je m’inquiète pour les Syriens. Ils vont venir nous voir pour de la nourriture et des vêtements. J’aimerais apprendre leur langue pour pouvoir mieux les accueillir», dit la présidente de la Société Saint-Vincent-de-Paul.

Bilan de la faim de Moisson Montréal

  • 146 230 personnes ont fait appel à une certaine forme d’aide alimentaire d’urgence en mars 2015 contre 140 706 en 2014.
  • 65 108 personnes ont bénéficié de programmes de provisions en mars 2015 contre 70 558 en 2014.
  • 478 620 portions ont été servies en mars 2015, contre 392 826 en mars 2014, soit une hausse de 22 %.

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