Yves Provencher/Métro

Le maire Denis Coderre a présenté mercredi le nouveau règlement sur les calèches. Parmi les mesures annoncées, les calèches ne pourront plus être de sortie si la température excède 28°C, alors qu’avant la limite était fixée à 30°C.

Des afficheurs de températures avec une alarme visuelle seront installés à chaque poste d’attente et les chevaux auront des micropuces permettant de suivre leurs activités. Un cheval ne pourra pas travailler plus de 9 heures par jour, incluant les trajets entre l’écurie, et aura 10 minutes de pause entre chaque promenade.

Les cochers devront suivre une formation tous les cinq ans, porter un costume spécifique et détenir un permis délivré par la Société de l’assurance automobile du Québec, qu’ils pourraient perdre s’ils ne respectent pas les conditions émises. Les permis pourront ainsi être révoqués «pour tous cas de plus d’une suspension de 12 mois», indique le règlement qui sera adopté fin août par le conseil municipal et ne sera donc pas en vigueur cet été.

Dans les écuries, la température devra être rigoureusement suivie, été comme hiver, et ces dernières devront inclure des espaces extérieurs pour que les chevaux puissent circuler librement.

«On va ainsi s’assurer du respect du cheval et d’avoir une industrie qui travaille à bon escient», a déclaré le maire Denis Coderre lors de la réunion du comité exécutif.

Contrairement à certaines villes qui ont banni les calèches, le maire a rappelé que le cheval faisait partie du patrimoine de Montréal et était un atout pour l’industrie touristique. «On est en train de faire le ménage et on aura à parler d’infrastructures ensuite», a ajouté le maire en mêlée de presse, faisant référence à sa politique du cheval qui pourrait inclure la création d’une écurie municipale et d’un centre d’interprétation du cheval.

Du côté de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux, Me Sophie Gaillard souligne que «ce nouveau règlement ne permettra pas de protéger les chevaux et qu’il comporte en outre plusieurs lacunes «La formation des cochers ne semble pas inclure de portions sur le bien-être animal et on se demande si des ressources supplémentaires vont être allouées pour les inspections car le règlement actuel n’est déjà pas suivi», déclaré Me Sophie Gaillard, avocate à la SPCA.

Une position partagée par Valérie Plante, chef de Projet Montréal. «Je ne suis pas contre les éléments contenus dans le règlement, mais je me questionne sur le fait qu’on dépense plus de 500 000$ de fonds publics pour encourager une industrie privée hautement contestée», a t’elle déclaré en ajoutant que «plusieurs villes sont arrivées à la conclusion que le cheval ne méritait plus de se retrouver dans le trafic, avec tout le stress que ça lui occasionne».

Les calèches montréalaises sont sur la sellette depuis quelques années à la suite d’incidents fort médiatisés. La principale écurie visée est l’entreprise Calèches Lucky Luc qui détient la majorité des permis. Un reportage du Journal de Montréal datée d’août 2015 avait démontré que la quasi totalité des chevaux malades ou blessés retirés des rues par les inspecteurs de la Ville cet été là venaient de son écurie, où les chevaux travaillaient fréquemment de 11 heures à 16 heures par jour durant l’été, selon Le Journal de Montréal.

 

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