Josie Desmarais/Métro L'enseigne du restaurant date de la fin des années 1990.

L’autorisation exceptionnelle d’accorder à une chaine de restauration rapide l’installation d’une enseigne lumineuse dans un secteur à risque pour les cyclistes inquiète de nombreux opposants.

Mardi soir, au conseil d’arrondissement, l’administration de Villeray–St-Michel–Parc-Extension prévoit contourner son règlement de zonage – qui interdit une telle pratique – et autoriser, par résolution, la mise en place d’une demande répétée par A&W.

Situé sous l’autoroute 40, au croisement du boulevard Crémazie et de l’avenue Christophe-Colomb, ce restaurant veut «moderniser» son pylône présent depuis 1999 et installer, début septembre, un tableau numérique de 1,64m de hauteur sur 2,4m de largeur. Celui-ci remplacera les lettres posées manuellement chaque jour et projettera un message lumineux qui pourra être changé, informatiquement, deux à trois fois par jour.

«Je veux rendre ce coin de rue davantage au gout du jour. Ce sera bien, beau et propre», défend Luc Lauzon, propriétaire du restaurant, qui affirme avoir essuyé plusieurs refus de l’arrondissement ces deux dernières années. Ce dernier compte également réaliser des aménagements paysagers l’année prochaine pour changer l’environnement d’une bâtisse qu’il juge «laide».

Principe de prudence demandé
Ce projet est cependant vu comme une «distraction» par plusieurs opposants. Jugé «complexe» par la Direction de santé publique et «problématique» par Vélo Québec, cet axe est considéré comme l’un des moins sécuritaires de Montréal pour les cyclistes. «Une telle enseigne va accroitre les risques, le principe de prudence aurait pu s’appliquer», juge Marc Jolicoeur, directeur de la recherche pour Vélo Québec.

Un avis que ne partage pas Anie Samson, mairesse de l’arrondissement. «Ce ne sera pas une télé avec des animations, comme à New-York. On verra simplement un burger avec un prix, précise-t-elle, tout en assurant que cette enseigne ne sera pas visible par les automobilistes empruntant l’A40. On va rester vigilant, mais c’est un faux débat. On est à l’ère du numérique. Changer les lettres à la main, ça n’avait plus de bon sens.»

«La tendance mondiale est de réduire ce genre de pollution urbaine, mais nous, on fait l’inverse. C’est triste.» –Sylvain Ouellet, élu de Projet Montréal.

Deux élus de l’arrondissement comptent s’opposer à cette résolution. «On vit dans un monde de surenchère et c’est sûr, ça attirera le regard des clients. Mais le soir, avec un peu de brume, la lumière peut aveugler les automobilistes et c’est vraiment nuisible, assure Sylvain Ouellet, élu de Projet Montréal.

«On envoie un message opposé à la vision zéro accident mise en avant par la Ville», soutient pour sa part Elsie Lefebvre, membre de Coalition Montréal, qui évoque également «un esthétisme douteux». «Ce n’est pas de cette manière qu’on développera une trame commerciale plus conviviale», juge-t-elle.

L’arrondissement se défend
Alors que Sylvain Ouellet craint «des pressions à venir d’autres enseignes avec la création de ce précédent», la mairesse se veut rassurante. Reconnaissant «d’autres demandes», Anie Samson promet agir «au cas par cas».

«On ne permettra pas d’installer des enseignes lumineuses devant des résidences, on n’ouvrira pas la porte à tout, annonce la vice-présidente du comité exécutif de la Ville. On va commencer par tester cette solution et si ce modèle fonctionne bien, il pourrait être une solution. Mais on étudiera toujours en fonction de la sécurité, des résidences et de l’achalandage.»

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