Collaboration spéciale Le comité de la ruelle Émilie souhaite créer un regroupement de ruelles vertes de Parc-Extension.

S’échanger les bons coups comme des bulbes ou des idées, tel est l’objectif du rassemblement que souhaitent créer les ruelles vertes de Parc-Extension.

L’initiative vient de la ruelle Émilie qui existe depuis l’automne 2014, dans le carré des rues Ogilvy, Querbes, Saint-Roch et Durocher. Marie Ballaman, du comité de la ruelle, a lancé l’idée et fait les démarches de rapprochement. «Nous sommes déjà en contact avec deux autres ruelles. Nous essayons de joindre les autres.»

L’idée est d’ouvrir les ruelles à l’expérience des autres et ainsi améliorer ces milieux de vie.

«Plus on est ensemble et mieux ça va fonctionner. Nous aimerions nous rencontrer plusieurs fois par an pour discuter de projets, d’événements communs ou de nos problèmes et s’échanger des plantes ou des graines», envisage-t-elle.

Car, en l’absence de financement de suivi de la mairie, les ruelles doivent se débrouiller avec leurs propres moyens pour se payer de nouvelles plantes ou de réparation.

«Un monsieur d’une autre ruelle de Montréal va nous fournir un bac de récupération d’eau de pluie. Nous voulons créer ce genre de solidarité dans Parc-Extension», poursuit-elle.

Se lier avec d’autres ruelles pourrait aussi les aider à mutualiser les demandes de commandites pour financer les budgets de fonctionnement, puisque c’est la solution préconisée par la mairie.

«On doit envoyer les demandes avant fin janvier, mais nous n’avons pas la tête à ça et n’avons aucune idée de nos besoins à ce moment-là. Nous investissons notre propre argent depuis le début», indique Isabelle Murphy, du comité de la ruelle.

Intégration

Plus de 70% des habitants de Parc-Extension sont nés à l’étranger. Beaucoup ne connaissent pas le programme des ruelles vertes, ni les mouvements citoyens, ce qui fait que depuis 2014, neuf ruelles – dont quatre à l’est du parc Jarry – ont sollicité les financements accordés par l’arrondissement, sur douze possibles. À titre de comparaison, le quartier voisin de Villeray a déjà une liste d’attente de treize projets.

«La principale difficulté, c’est qu’il faut récupérer la signature de la moitié des gens du carré d’immeubles. Beaucoup ne comprennent ni la langue ni le projet et souvent ils nous prennent pour des employés municipaux», indique Marie Ballaman qui espère que le bouche-à-oreille dans les communautés pourra débloquer les mentalités.

Leur ruelle verte permet pourtant de favoriser le «vivre ensemble» et les échanges entre les cultures, pour la plupart asiatiques dans la ruelle.

«On le voit souvent dans nos événements. Au début, les gens se tiennent un peu à l’écart, sont timides. Puis, petit à petit, ils participent et viennent avec des initiatives. Une de nos voisines nous a même fait un cours de cuisine indienne avec des fruits dont personne ne savait le nom en français», se souvient Estelle Drouvin, du comité de la ruelle.


10000$
Chaque ruelle verte obtient cette somme pour démarrer et faire les travaux d’excavation et acheter le mobilier urbain. Mais rien n’est offert par la suite par la mairie.

3
Parc-Extension pourrait financer trois projets de ruelles vertes dès aujourd’hui, puisque les projets ne se bousculent pas, contrairement à Villeray qui dispose d’une liste d’attente de presque quatre ans.

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