Gracieuseté

Face à la surpopulation féline dans le quartier Parc-Extension, plusieurs personnes ont interpellé des élus pour obtenir un programme de stérilisation dans l’arrondissement. Des dizaines de chats vivent dans des conditions déplorables dans cette zone, selon des citoyens.

«Dans tous les quartiers, des gens disent qu’ils nourrissent des chats de la rue. On commence seulement à comprendre l’ampleur du phénomène», indique Natalia Yanchak, une citoyenne de Parc-Extension qui s’inquiète de la surpopulation féline.

Cette dernière a stérilisé des chats à ses propres frais afin de contenir une colonie qui vit à proximité de chez elle. Comme elle, des dizaines de citoyens font de même puisqu’il n’existe actuellement aucun programme de stérilisation dans Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension (VSMPE).

Ils estiment qu’il y a entre 20 et 40 chats dans chaque colonie, et qu’il y en a dans la plupart des ruelles du secteur. La réglementation municipale interdit de nourrir ces animaux.

Le Berger blanc, opérateur en charge de la gestion animalière de l’arrondissement, place à l’adoption les chats errants capturés ou procède à l’euthanasie si leur état de santé est jugé mauvais.

Pour éviter cette issue, des citoyens se sont mobilisés lors du dernier conseil d’arrondissement pour réclamer le CSRM (capturer, stériliser, relâcher et maintenir) de la SPCA, un programme de stérilisation créé il y a 6 ans et proposé dans une dizaine d’arrondissements de Montréal.

Il est même disponible dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, où le Berger blanc est pourtant chargé du contrôle animalier.

«Nous demandons un contrat parallèle. Ça se fait ailleurs, donc c’est possible ici», estime Nadia Verrucci, l’une des citoyennes à l’origine de cette démarche.

«La seule façon de gérer, c’est de garder une communauté contrôlée. Les colonies vont rester intactes et éventuellement diminuer», ajoute Nancy Leclerc, membre de l’ONG Sauvetage et stérilisation des chats errants Pussie Patrol, qui soutient cette demande dans Parc-Ex.

Risques
Lors du conseil d’arrondissement du 5 septembre, Anie Samson, maire d’arrondissement, et Mary Deros, conseillère du district, se sont engagées à étudier cette demande tout en rappelant que la SPCA n’avait pas souhaité candidater lors de l’appel d’offres pour la gestion animalière.

Les deux élues ont aussi indiqué qu’elles avaient personnellement recueilli des chats et qu’elles étaient conscientes de cette problématique.

«Elles ont reconnu qu’elles connaissaient la situation et rien n’a été fait. C’est urgent, on ne peut plus attendre», déplore Nadia Verrucci.

La plupart de ces animaux vivent dans des conditions déplorables et les chats non stérilisés ont tendance à provoquer des nuisances sonores pour marquer ou défendre leur territoire. De plus, les excréments et urines se multiplient dans les zones qui accueillent des colonies, ce qui exaspère les résidents. Des chats empoisonnés ont déjà été retrouvés dans des ruelles du quartier.

«Ça dérange et je comprends, mais lorsqu’on contrôle, il y en a tellement moins. C’est dégueulasse de laisser ces chats comme ça», plaide Nancy Leclerc.

Interrogés par TC Media, le Berger blanc et la SPCA se disent prêts à mettre en place un programme de stérilisation des chats dans l’arrondissement si un contrat est octroyé.

Dalila Awada, responsable du CSRM à la SPCA assure que ce programme est la solution pour contenir ce phénomène. En revanche Pierre Couture, le patron du Berger blanc, pense que cela ne réglera pas la problématique.

«Ça va limiter la surpopulation, mais ça ne change pas la réglementation. Les chats peuvent encore poser des problèmes dans le voisinage et il reste interdit de les nourrir», explique M. Couture.

Changer les mentalités
En plus du contrôle de ces colonies errantes, l’organisme Pussie Patrol souhaite sensibiliser la population sur la gestion d’un animal domestique et sur l’importance de la stérilisation.

Lors des déménagements du premier juillet, de nombreux chats sont abandonnés par leurs propriétaires, ce qui alimente ce phénomène de surpopulation féline. Mme Leclerc a aussi rencontré des Montréalais qui abandonnent les portées de leurs chats s’ils ne trouvent pas de familles d’adoption.

«Trop de chatons meurent l’hiver. C’est notre responsabilité de prendre soin de nos animaux. C’est bien l’fun, mais il faut aussi assumer», lance Nancy Leclerc.

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