Archives TC Media Par souci écologique, les pailles en plastique ne sont plus servies dans les cocktails du pub Yïsst.

Après les sacs en plastique, certains propriétaires de commerces décident de réduire les déchets à l’intérieur de leur établissement en bannissant les pailles.

C’est ce qu’a entrepris Catherine Archambault, copropriétaire du pub Yïsst, sur la rue Saint-Zotique Est, dans La Petite-Patrie.

«Cela fait plus de deux ans que nous avons ouvert Yïsst et j’étais fatiguée de toujours mettre des pailles dans les cocktails pour les mélanger. C’est en lisant un article à ce sujet dans La Presse que ç’a confirmé mes suspicions comme quoi il s’agit d’un énorme gaspillage», raconte Mme Archambault.

Inspirée par plusieurs autres commerçants dans le monde, celle-ci a choisi de prendre part au mouvement #StrawsSuck (mot clef anglais pour «les pailles c’est nul») et de bannir les petits objets en plastique de son établissement.

«Jusqu’à présent, on n’a eu aucune plainte. Les gens ne semblent pas y voir de grande différence. Si les clients venaient à les redemander, nous sommes prêts à trouver des alternatives, des pailles en papier, mais pour l’instant tout va bien», affirme la copropriétaire du pub.

Difficiles à recycler
Le principal problème avec les pailles à boire, c’est que leur production demande beaucoup d’énergie et de ressources pour une courte durée de vie.

«En terme de quantité qui se retrouve dans les sites d’enfouissement, c’est monstrueux, souligne Coralie Deny, directrice générale au Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal. Le plastique utilisé pour leur fabrication, le polypropylène, n’est pas recyclé et elles se retrouvent donc toutes au dépotoir pour très longtemps.»

En effet, considérant leur poids léger comparativement à l’espace qu’elles prennent, les pailles ne sont pas amassées par les compagnies de récupération au Québec, les coûts de transports étant prohibitifs.

Il est donc logique pour les citoyens, mais aussi pour les commerces, de réduire à la source la consommation de pailles pour combattre leurs effets sur l’environnement, selon Mme Deny, d’autant plus que leur durée d’utilisation ne dépasse rarement plus de 20 minutes et que ça peut prendre jusqu’à 200 ans pour se décomposer.

«L’impact collectif des citoyens et des citoyens corporatifs peut être ainsi très grand, comme dans le cas des sacs en plastique. C’est un bon début pour sensibiliser les gens à propos des mouvements sans déchet», explique la directrice générale du CRE Montréal.

Pour sa part, Mme Archambault entend continuer à faire de son pub un commerce plus vert. «Notre prochain cheval de bataille sera sans doute le compost. Je veux vraiment réduire les produits organiques, comme les zestes de citron, qui se retrouvent aux poubelles», affirme-t-elle.

Selon le groupe activiste américain BeStrawFree, ce sont 500 millions de pailles en plastiques qui sont utilisées quotidiennement aux États-Unis, soit suffisamment pour faire chaque jour cinq fois le tour la Terre.

Le 3 février prochain se tiendra la première Journée internationale sans paille et des milliers de personnes ont l’intention de se rassembler lors de dizaines d’événements, qui auront lieu surtout en Europe.

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