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La grogne citoyenne provoque la suspension du conseil

Photo: Marie-Pier Gagné / TC Media

La séance du conseil d’arrondissement de Villeray–Saint–Michel–Parc-Extension a été suspendue mardi, après que les élus aient donné le feu vert à un projet de condos sur Lajeunesse. Une dizaine de policiers ont dû intervenir et deux arrestations ont eu lieu.

Quatre immeubles comprenant un total de 24 condos pourront donc être construits sur le terrain des anciens bureaux de Taxi Diamond. Visiblement frustrés, les gens présents ont fait entendre leur mécontentement quant aux «trop nombreux projets de condos dans le quartier», par le biais de chansons, de slogans et de sifflets. Les élus ont quitté la salle du conseil après quelques minutes, sous les huées.

Les citoyens présents ont continué à manifester leur désaccord envers la décision pendant plusieurs minutes. Une dizaine de policiers se sont présentés, pour calmer l’assemblée.

«En général les gens ont été coopératifs, mais deux arrestations ont été effectuées pour entrave au travail des policiers», a indiqué le porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Jean-Pierre Brabant. Des accusations pourraient être déposées.

Opposition citoyenne
La saga autour de la démolition de l’ancien bâtiment dure depuis plusieurs mois. En janvier dernier, le Comité de démolition de l’arrondissement s’était déjà prononcé en faveur du projet, mais sa décision avait été mal reçue par les citoyens, qui ont fait parvenir à l’arrondissement une trentaine de demandes d’appel.

L’une des principales plaintes formulées par les opposants concernait en fait la hauteur des nouveaux bâtiments. Les citoyens souhaitaient qu’ils atteignent un maximum de deux étages, plutôt que trois. Même si la construction des trois étages n’entrait pas en contradiction avec le zonage du secteur, les résidents voisins craignaient, entre autres, d’être privés de luminosité.

Le promoteur souhaite également construire des stationnements sous-terrain, dont l’entrée et la sortie donneraient sur la ruelle adjacente. Les citoyens avaient souligné à plusieurs reprises craindre la circulation additionnelle qui y serait générée.

Une dizaine de policiers ont dû intervenir et deux arrestations ont eu lieu.

Témoignages
Avant que les élus donnent leur verdict, quelques citoyens se sont présentés devant les conseillers et la mairesse de l’arrondissement pour tenter d’influencer leur décision.

«Si vous acceptez la décision du comité de démolition, vous acceptez également qu’une soixantaine de riverains perdent leur intimité, a souligné Guénaël Charrier, qui réside tout près du site. Vous avez été élus pour quatre ans, mais j’aimerais que vous vous rappeliez que la conséquence de votre vote durera beaucoup plus longtemps que cela.»

«Est-ce que le rôle de l’arrondissement est de protéger les intérêts des promoteurs qui n’habiteront jamais les condos ou de protéger ceux des résidents du quartier de longue date?», a demandé à son tour le citoyen John Steele.

«Je crois qu’on aura de graves problèmes de sécurité si on va de l’avant, a fait valoir une résidente. Dans les ruelles, il y a des personnes âgées, des gens qui jouent au hockey, des gens qui promènent leurs chiens.»

Après les interventions citoyennes, les élus se sont retirés pour discuter. Ils sont revenus une dizaine de minutes plus tard avec leur décision.

«Nous avons décidé à l’unanimité de maintenir la décision du comité», a annoncé Sylvain Ouellet, conseiller du district François-Perreault, hué par l’assemblée.

Plaza Hutchison
Après l’intervention des policiers pour calmer l’assemblée, la séance a pu reprendre et le dossier de la Plaza Hutchison, un autre dossier chaud, a pu être discuté.

Tout comme le projet sur le site du bâtiment de Taxi Diamond, le projet du promoteur Ron Basal a obtenu le feu vert. L’homme souhaite transformer la Plaza Hutchison en immeuble à condos avec services et commerces et a récemment envoyé des avis d’éviction aux organismes communautaires, lieux de cultes et commerces qui logent dans l’édifice.

Les deux projets étaient «de plein droit», ne permettant pas aux élus de s’accrocher à une réglementation pour les empêcher de voir le jour.

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