Depuis six mois, des jeunes avec des déficiences intellectuelles légères sont en formation au bistro Jarry-Deuxième. Ils apprennent les différentes facettes des métiers de la restauration dans l’espoir de trouver plus tard un emploi et éviter l’exclusion.

« Les métiers qu’on propose sont ceux de serveur, cuisinier ou plongeur. Ils touchent aussi à tous les aspects de l’installation », explique Stefania Tremblay, gérante de l’établissement. Une vingtaine de jeunes, âgés de 18 à 30 ans, se partagent les quarts de travail, du lundi au vendredi. Ils doivent compléter 550 heures de stage pour pouvoir prétendre à l’attestation officielle qui leur permettra de postuler à un poste dans un restaurant.

« Ils peuvent maitriser le service en salle ou en cuisine en six mois », estime Mme Tremblay.

Adpatation

Le projet de formation de personnes avec des déficiences mentales revient à l’organisme Parrainage civique Les Marronniers, spécialisé depuis 30 ans dans l’insertion des personnes avec des déficiences mentales.

Jarry-Deuxième bénéficie de cette expertise et c’est pour cela que ce n’est pas un restaurant comme un autre. Pour les besoins de l’apprentissage, les lieux et le service ont été adaptés. « Le menu est réduit et il ne change que toutes les deux semaines, signale Mme Tremblay. Le client choisi sur le menu inscrit sur la grande ardoise commande sur la grande ardoise sur le mur, il paye à la caisse puis est servi à sa table. Les stagiaires ont des napperons de formes et de couleurs différentes pour identifier les tables. »

Cette adaptation facilite certes la formation, mais n’est pas tout à fait habituelle de ce qui se fait dans le milieu. « Je dois vous dire que les métiers eux-mêmes sont à l’opposé de ce qu’ils peuvent faire, admet la patronne de Jarry-Deuxième. Ce sont des emplois qui nécessitent de la planification ou de l’anticipation. C’est effectivement tout un défi qu’on s’est lancé. »

« Je les vois très bien travailler dans la restauration rapide ou chez un traiteur. Ils maitrisent assez bien les procédures rodées et les séquences bien définies », confie-t-elle.

Le regard des autres

S’il est une autre expérience à vivre autant pour les responsables que les stagiaires eux-mêmes, c’est bien le regard et le jugement des clients.

« Nous voyons surtout des perceptions différentes, souligne Mme Tremblay. Nous sommes souvent obligés d’expliquer ce que nous faisons. Mais jamais nous n’avons vécu des réactions négatives. Je me souviens d’un père venu avec sa fille qui avait été servi par un jeune trisomique. Il a été particulièrement ému de voir cela et on le voyait sur son visage. »

L’ultime étape de la formation est une évaluation et une attestation officielle remise aux stagiaires, mais Mme Tremblay et les initiateurs du projet souhaitent surtout que ces personnes trouvent un emploi et soient traitées comme tout le monde.

Jarry-Deuxième est situé au 2590, rue Jarry Est. Plus d’information sur le site de Parrainage civique Les Marronniers : http://www.avecunami.com

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