Archives TC Media Le bruit des avions affecte la qualité de vie de résidents de Villeray.

La conseillère Elsie Lefebvre a déposé une motion le 3 février, appuyée unanimement par les élus de l’arrondissement, pour demander d’urgence des mesures d’atténuation à l’Aéroport de Montréal. Le nombre de résidents se plaignant du bruit des avions est en hausse et le dossier n’est pas pris au sérieux par les autorités, estime Mme Lefebvre.

«Depuis plusieurs années, des résidents se plaignent du bruit relié aux avions survolant Villeray. Nous voulons plus de transparence de l’Aéroport de Montréal et obtenir le portrait de la situation afin de trouver des solutions», déclare la conseillère de Villeray.

Dans la motion, les élus demandent d’instaurer un réel moratoire sur les vols de nuit au-dessus de Montréal, soit de 23h à 7h, de revoir les couloirs d’atterrissage et de décollage empruntés par les aéronefs et d’exiger des transporteurs aériens qu’ils rehaussent les niveaux d’altitude de leurs appareils.

Des points qui ravissent des citoyens. «Des villes européennes ont imposé un couvre-feu pour leur aéroport, notamment à Genève et Orly. Nous pourrions faire de même à Montréal. Ça réglerait le gros du problème, selon moi», estime Julien Reny, résident de la rue Saint-Denis.

Qualité de vie diminuée
Le son des avions diminue la qualité de vie des résidents. Plusieurs affirment ne pouvoir profiter de leur balcon ou terrasse en été, le bruit anéantissant toute possibilité de discussion.

«La dégradation de ma qualité de vie est surtout la nuit. Il y a des vols toutes les cinq minutes, de 22h à 24h, et ça recommence à 6h du matin. Ça me réveille et je ne réussis que rarement à me rendormir! L’été, je ne peux pas ouvrir ma fenêtre, car ça dérange mon sommeil. Je vis comme dans une cloche à fromage», dénonce M. Reny.

«C’est désagréable. Nous avons, à toute heure, des avions qui passent par-dessus nos têtes. Ça diminue notre qualité de vie. C’est comme si nous avions constamment une roche dans notre soulier. Nous pouvons tout de même marcher, mais c’est très fatigant», déplore Luce Vandemeulebroecke, résidente de la rue Saint-Hubert.

Mme Vandemeulebroecke ajoute que ces nuisances sonores l’ont amené à repenser ses projets. «Nous voulions aménager une terrasse sur le toit, mais nous avons changé d’idée. Nous avons emménagé ici en juin 2012 en pensant y rester pendant de nombreuses années. Aujourd’hui, nous ne le savons plus. Nous parlons de plus en plus de vendre», avoue-t-elle.

Demandes irréalistes
L’Aéroport de Montréal s’est dit surpris de la motion, car l’arrondissement n’était jamais entré en contact avec eux sur le sujet. Une rencontre entre les deux partis est prévue au mois de mars.

Toutefois, il serait peu probable de voir l’administration aérienne changer ses modes de fonctionnements, car plusieurs points sont irréalisables, soutient Christiane Beaulieu, vice-présidente aux affaires publiques et communication à l’Aéroport de Montréal.

«Nous ne pouvons pas changer l’altitude de nos avions, car tout est réglé selon des normes strictes, mises en place pour la sécurité de tous. Nous ne pouvons pas non plus éviter de survoler le quartier Villeray. Sinon, ce serait l’anarchie», avance la vice-présidente.

«Les avions de plus de 45 000 kg ne peuvent voler la nuit. Ils doivent utiliser une piste préférentielle ou obtenir une permission. Si nous établissions un couvre-feu, nous perdrions de nombreuses destinations, notamment la Turquie, la Jordanie et le Maroc. Nous ne pourrions plus atterrir en Europe, car nous devons respecter des créneaux horaires», ajoute-t-elle.

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