Villeray – Saint-Michel – Parc-Extension lève le moratoire sur les nouveaux lieux de culte, mais impose des restrictions. Désormais, ils ne seront plus permis sur les rues où des immeubles sont à la fois commerciaux et résidentiels, telles que Jean-Talon et Jarry. L’arrondissement a modifié sa réglementation de manière à protéger la «vitalité commerciale» et la «quiétude des quartiers résidentiels».

Les rues Jean-Talon et Jarry font notamment partie des endroits où les nouveaux projets de lieux de culte seront automatiquement refusés. L’arrondissement a choisi de cesser d’émettre des permis de lieux de culte dans les secteurs «à moyenne intensité commerciale», soit sur les rues où les commerces sont au rez-de-chaussée et les habitations à l’étage.

Les zones près de l’autoroute métropolitaine, accessibles selon l’arrondissement, demeureront autorisées.

«On a vu pulluler plein de lieux de culte de toutes confessions religieuses et les problèmes restent les mêmes : bruit et stationnement. Nous voulons ajuster nos règlements pour permettre leur installation tout en respectant les normes de stationnement et la quiétude des quartiers résidentiels», explique Anie Samson, mairesse d’arrondissement.

L’arrondissement avait imposé en février un moratoire sur les permis «lieu de culte» et «centre communautaire». Les élus acceptent maintenant d’aller de l’avant avec des projets qui respectent cette nouvelle réglementation.

Environ cinq demandes qui étaient en attente pourront être étudiées. Au total, l’arrondissement compte 138 cultes sur son territoire, toutes zones confondues.

Manque d’espace pour le stationnement
En plus de réduire les zones d’implantation de lieux de culte, les nouveaux établissements devront présenter des projets où les places de stationnement sont en quantité suffisante, soit une case pour chaque 7,5m2 d’espace de prière.

«Ce que je dénonce c’est l’utilisation du ratio de stationnement. Il y a effectivement des problèmes de stationnement, comme pour plusieurs commerces, mais le ratio que l’on propose pour les lieux de culte est extrêmement contraignant», a soulevé le conseiller de Projet Montréal Sylvain Ouellet lors de la séance du conseil d’arrondissement du 1er décembre.

«Ce qui est plus décevant c’est comme un façon de maintenir le moratoire qu’on s’apprête à enlever», a-t-il ajouté.

M. Ouellet s’est toutefois dit en faveur de plusieurs éléments de la nouvelle réglementation, tel que la protection de la vitalité commerciale.

Selon l’arrondissement, le caractère privé des lieux de culte les amène à réaménager leurs locaux de façon à «limiter leur exposition face à la rue, limitant ainsi leur contribution à l’animation de l’espace public», peut-on lire dans le sommaire décisionnel du conseil d’arrondissement du 1er décembre.

Bien qu’ils ne soient plus autorisés sur les artères commerciales où des résidences sont au deuxième étage, les projets pourront cependant faire l’objet de demandes particulières au comité consultatif d’urbanisme.

«On essaie que chaque activité urbaine puisse avoir sa place en ville, c’est ça notre stratégie, affirme Benoit Lacroix, directeur de l’aménagement urbain. S’ils ne sont pas capables de répondre au ratio de stationnement, on va leur demander: quel est le plan que vous présentez pour avoir un impact nul?»

Le covoiturage et les transports collectifs seront encouragés pour remédier au manque de stationnement.

À noter que les établissements ayant déjà un permis peuvent toutefois continuer leurs activités sans en demander un nouveau.

Définir les activités
En plus d’ajuster le règlement pour limiter les endroits où les lieux de culte seront autorisés, des définitions ont été ajoutées pour les termes «activité communautaire ou socioculturelle», «école d’enseignement spécialisée» et «lieu de culte».

Ces définitions, écrites à la suite d’une consultation publique ayant eu lieu le 19 novembre,  permettront de mieux baliser les activités.

«Chacun a une définition extrêmement précise pour éviter ce qui est arrivé dans le passé dans notre arrondissement entre autres où des gens demandent un permis de centre communautaire alors que dans les faits, ils font en partie ou en totalité des activités qui s’orientent davantage aux lieux de culte», précise Sylvain Ouellet.

 

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