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Alors que la NASA a publié au début du mois les premières images de Jupiter prises par la sonde Juno, Métro se penche sur le présent et l’avenir de l’exploration spatiale.

Dans moins de deux ans, Juno terminera sa mission en s’écrasant sur la planète gazeuse. L’année prochaine, le même sort attend la sonde Cassini-Huygens, qui tourne autour de Jupiter depuis 2014. À ce moment, pour la première fois en 40 ans, il n’y aura plus aucun objet de la National Aeronautics and Space Administration (NASA) autour d’une planète du système solaire, à part la Terre. «L’obstacle principal au lancement de nouvelles missions est le financement», explique Jason Callahan, conseiller pour la Planetary Society, une organisation non gouvernementale basée aux États-Unis.

«En deuxième place vient la difficulté de bâtir à chaque fois un nouveau vaisseau spatial, puisque chaque mission est différente, ajoute-t-il. Mais les défis techniques sont souvent bien minces lorsqu’on les compare aux obstacles politiques et aux priorités budgétaires des gouvernements.»

La NASA prévoit tout de même plusieurs missions à proximité de la Terre. Par exemple, au début du mois, l’agence américaine a lancé la sonde OSIRIS-REx, qui devra prélever des morceaux de l’astéroïde Bénou et les ramener sur la planète bleue. Mais les grandes découvertes sur les autres planètes et leurs satellites devront attendre jusqu’à la décennie 2020.

«Dans le futur, j’aimerais voir une flottille de satellites explorer le système solaire. Et que chaque enfant puisse explorer ses découvertes à l’aide de gants et de casques de réalité virtuelle.» –Frances Bagenal, professeure d’astrophysique et de planétologie de l’université du Colorado à Boulder.

Même si les États-Unis traversent une crise de financement et que de plus en plus de pays investissent dans leur programme spatial, les experts s’entendent pour dire que la NASA va garder son titre de meneur dans ce domaine encore longtemps. «Le programme soviétique était génial, mais la Russie n’a rien sorti de l’orbite terrienne depuis la guerre froide, affirme Jason W. Barnes, assistant-professeur de physique à l’université d’Idaho. L’Europe réalise de plus en plus de missions importantes. La Chine, l’Inde et le Japon débutent à peine, mais ils ont tous le potentiel de devenir des joueurs majeurs de l’exploration planétaire d’ici 30 ans. Pour ce qui est des planètes lointaines de notre système solaire, la NASA est toujours la seule capable d’accomplir le boulot. Cela pourrait toutefois changer.»

Peu importe leur provenance, plusieurs missions vont se lancer vers les lunes de Jupiter au cours des prochaines années, des satellites qui pourraient abriter de l’eau et des sources de vie. Au cours de la prochaine décennie, il est presque certain que des astronautes vont voyager au-delà de l’orbite basse de la Terre, ce qui n’a pas été fait depuis 50 ans. Et, comme le prédisent les experts, les humains pourraient marcher sur Mars aux alentours de 2030. «À ce moment, j’espère que nous aurons des sondes autour de chaque planète du système solaire et de certains astéroïdes et comètes, tout en ayant des photos détaillées d’exoplanètes», souhaite M. Callahan.

Quatre missions à surveiller

OSIRIS-REx
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Jeudi dernier, la NASA a lancé une mission en direction de l’astéroïde 101955 Bénou, qui fait partie du groupe Apollon et qui est classé comme un objet potentiellement dangereux. La sonde OSIRIS-REx devrait rapporter un échantillon de l’astéroïde sur Terre en 2023 pour une analyse détaillée. S’il y parvient, il s’agira de la première sonde américaine à rapporter un échantillon d’astéroïde.

Europa Clipper
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La NASA travaille présentement à développer un engin capable de se poser sur Europe, un satellite de Jupiter. La mission est prévue pour les années 2020 et devrait donner suite aux données obtenues par la sonde Galileo, qui avait confirmé la présence d’un océan sous la surface glacée d’Europe.

JUICE
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L’Agence spatiale européenne (ASE) veut également explorer les lunes de la plus grosse planète du système solaire. Jupiter Icy Moon Explorer devrait décoller en 2022 pour étudier trois d’entre elles: Ganymède, Callisto et Europe. La mission devrait durer plus de 11 ans et évaluer la présence de vie sur ces satellites. Il est possible que l’ASE collabore avec la Russie, puisque l’Agence spatiale russe étudie présentement la possibilité d’envoyer une sonde vers Ganymède appelée Laplace-P.

Mars 2020
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Un autre projet de la NASA, qui devrait démarrer en 2020, viserait l’analyse de l’environnement de Mars, notamment de sa géologie et de son histoire. Mars 2020 examinera également la possibilité de trouver des traces de vie, rapportera des échantillons sur Terre et testera des technologies pour une éventuelle exploration humaine de Mars.

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Jason W. BarnesEntrevue avec Jason W. Barnes, assistant-professeur de physique à l’université d’Idaho: «Nous irons réellement sur Mars de mon vivant»

Quelles questions reste-t-il à élucider sur notre univers?
La question la plus fondamentale est de savoir si nous sommes seuls dans l’univers. Nous enquêtons sur cette question en adoptant plusieurs angles simultanément, mais de façon systématique. La mission Kepler a démontré qu’il y a beaucoup de planètes similaires à la Terre autour d’autres étoiles. Des missions comme Cassini, Europa Clipper et Curiosity aident à définir les conditions d’apparition de la vie. C’est une période excitante dans le milieu de la recherche spatiale. Nous commençons seulement à aborder ces questions.

Quels sont les obstacles au lancement de nouvelles missions?
Le coût. La fusée coûte 200M$US à elle seule. Il faut ensuite dessiner et construire une sonde capable d’être complètement autonome à l’égard de la Terre. Il faut ensuite en faire un prototype et le tester. La sonde doit résister aux conditions difficiles de l’espace, à la température, aux radiations, à l’accélération. C’est un travail incroyablement difficile, et nous continuons à commettre des erreurs.

Quelles seront nos ambitions spatiales dans le futur?
La progression de la compagnie SpaceX, d’Elon Musk, représente une avancée majeure. Elle a l’ambition de se rendre sur Mars, d’explorer la planète et d’y installer une colonie avec des fonds privés, sans aide gouvernementale. Les avancées de SpaceX dans la réutilisation des fusées et sa capacité de planification me permettent de croire que nous irons réellement sur Mars de mon vivant!

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