The Associated Press Meryl Streep et Donald Trump

L’actrice Meryl Streep, qui était honorée dimanche à la cérémonie des Golden Globes pour l’ensemble de sa carrière, a prononcé un discours critique envers Donald Trump. La réplique de ce dernier, lundi matin? Un tweet, dans lequel il affirme qu’elle est une des actrices les plus «surévaluées» d’Hollywood.

Alors qu’elle recevait le prix Cecil B. DeMille, qui souligne la contribution exceptionnelle d’un acteur au milieu du divertissement, l’Américaine Meryl Streep en est allée d’un discours appelant à la diversité, à l’importance des médias et critiquant le président élu Donald Trump. «Pour reprendre ce que Hugh Laurie a dit [l’acteur britannique, récompensé du trophée du meilleur acteur de soutien dans une mini-série pour The Night Manager, a lui aussi critiqué Donald Trump dans son discours]: nous tous dans cette salle, nous appartenons à une des parties de la société américaine les plus dénigrées présentement. Pensez-y: Hollywood, les étrangers et la presse.»

L’actrice, qui a remporté huit Golden Globes sur 30 nominations en carrière, en plus de trois Oscars, a poursuivi: «Mais qui sommes-nous, et qu’est-ce qu’Hollywood? Juste une bande de personnes qui viennent d’ailleurs […]. Hollywood est remplie de gens qui ne viennent pas de ce coin du pays et d’étrangers. Et si nous les expulsons tous, vous n’aurez plus rien à regarder d’autre que le football et les arts martiaux mixtes, qui ne sont pas de l’art.»

«Le seul travail d’un acteur est d’entrer dans la vie des gens qui sont différents de nous, et de faire ressentir ce qu’ils ressentent. Et il y a eu plusieurs, plusieurs, plusieurs puissantes performances cette année qui ont accompli cela. Un travail à couper le souffle, de compassion.»

«Mais il y a eu une autre performance qui m’a stupéfiée cette année […], a continué l’actrice de 67 ans, originaire du New Jersey, qui avait fait campagne pendant les élections américaines pour Hillary Clinton. Pas parce qu’elle était bonne; il n’y avait rien de bon là-dedans. Mais c’est une performance qui a été efficace et qui a fait le travail. […] C’est le moment où la personne qui cherche à s’asseoir dans le siège le plus respecté du pays a imité un journaliste avec un handicap. Quelqu’un qu’il dépasse en privilège, en puissance et en capacité à rétorquer. J’ai eu le cœur brisé quand j’ai vu ça, et je ne peux toujours pas me l’enlever de la tête, parce que ce n’était pas un film. C’était la vraie vie. Et cet instinct pour humilier, quand ça vient de quelqu’un qui a du pouvoir, sur la place publique, affecte les vies de tous, parce que ça donne en quelque sorte la permission aux autres de faire la même chose.»

«Ceci m’amène aux médias. Nous avons besoin des médias pour que le pouvoir rende des comptes. […] Je demande à la Hollywood Foreign Press [qui organise les Golden Globes] et à toute la communauté de joindre comme moi le Comité pour la protection des journalistes, parce que nous allons avoir besoin d’eux pour aller de l’avant, et ils auront besoin de nous pour sauvegarder la vérité.»

Le discours complet de Mme Streep a été publié (en anglais) par le New York Times.

Trump réplique
Le président élu, en plus d’insulter Mme Streep sur Twitter, a nié s’être moqué d’un journaliste aux prises avec un handicap, tout en qualifiant les médias de «malhonnêtes».

 

 

 

Aussi dans Monde :

Dû à un problème technique relié à la publication de publicités sur notre site web, nous avons temporairement désactivé la zone de commentaires sur le site web. En attendant que le problème soit réglé, nous invitons les lecteurs à faire leurs commentaires via notre page Facebook, soit directement sur notre mur, ou en message privé. Merci de votre compréhension et merci de nous lire!