MONTRÉAL — L’ambassadeur du Canada en France, Lawrence Cannon, estime que les tensions qui ont historiquement marqué les relations entre la France, le Québec et le gouvernement fédéral sont maintenant chose du passé.

M. Cannon, un ancien ministre conservateur sous Stephen Harper et ex-ministre libéral sous Robert Bourassa, était de passage à Montréal, jeudi, à l’invitation du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) pour entretenir un auditoire sur les suites de l’élection d’Emmanuel Macron.

Durant son allocution, il a affirmé que les relations à l’intérieur du «triangle Ottawa-France-Québec» avaient toujours été harmonieuses durant son séjour à Paris.

Il a dit n’avoir décelé «aucun appétit», tant chez les Français que chez les Québécois, pour «de lointaines spéculations sur l’avenir de la fédération canadienne».

En point de presse par la suite, il a dit croire qu’il s’agissait d’une «question qui est révolue depuis belle lurette» et que «les histoires du passé sont maintenant véritablement archivées dans le passé» puisque «les Québécois ont pris des décisions», a-t-il conclu, tout en évitant de se prononcer de quelque manière que ce soit sur ces décisions.

Les relations entre la France et le Canada ont longtemps été marquées par l’équilibre délicat que se sont imposé les régimes français successifs, tiraillés entre leurs sympathies envers le Québec — et, dans certains cas, envers les souverainistes — et leur position face à l’allié historique qu’a toujours été le Canada.

Ce malaise a pris la forme, en 1977 sous le régime de Valéry Giscard d’Estaing, d’une politique affublée du sobriquet «ni-ni», signifiant que la France adoptait une position de non-ingérence (dans les affaires intérieures du Canada) et de non-indifférence (envers le désir du Québec de devenir un pays francophone).

Lawrence Cannon estime toutefois qu’il n’existe plus de tel malaise, mais il faut souligner que, depuis qu’il a été nommé ambassadeur à Paris, en mai 2012, le Québec n’a connu qu’un seul gouvernement souverainiste, minoritaire, dont le passage de 18 mois au pouvoir fut trop bref pour soulever quelque préoccupation diplomatique que ce soit.

Macron: le Canada doit se réjouir

Lawrence Cannon était venu entretenir son auditoire montréalais de l’élection d’Emmanuel Macron et de ses conséquences pour le Canada.

Bien qu’il ait présenté le nouveau président français comme étant la meilleure nouvelle que le Canada pouvait espérer, notamment en matière de libre-échange, l’ambassadeur n’a pas caché que le résultat de l’élection était préoccupant.

«Jamais, en France, la droite extrême et populiste n’a fait autant; 11 millions de Français ont voté pour un programme xénophobe, protectionniste, opposé à la construction européenne», a-t-il rappelé, y voyant «l’illustration d’une France déboussolée, à la recherche d’elle-même».

En contrepartie, il a fait valoir que, de tous les candidats à la présidence, M. Macron était celui qui avait donné le plus solide appui à l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne.

«L’élection du président (Macron) signifie que les fondements économiques de la relation Canada-France ne seront pas remis en cause et seront sans doute renforcés», a soutenu le diplomate canadien.

Dans ce dossier, Lawrence Cannon a minimisé l’intention du nouveau président de soumettre l’Accord à un examen de ses impacts sur l’environnement et la santé par un groupe d’experts indépendants. Selon lui, il s’agissait d’abord d’une annonce réalisée entre les deux tours de scrutin «dans un souci de rassemblement politique».

Par ailleurs, il a dit ne pas craindre cet examen indépendant. «Les Européens en général — et les Français en particulier — sont de plus en plus soucieux de concilier mondialisation et politiques publiques, mais c’est aussi le cas pour les Canadiens», a-t-il dit.

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