TÉHÉRAN, Iran — Brisant le silence au sujet des manifestations qui secouent l’Iran et qui réclament son départ, le guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, a accusé les «ennemis» de la République islamique de s’ingérer dans les affaires internes du pays.

La télévision d’État a rapporté que des affrontements survenus dans la nuit de lundi à mardi entre manifestants et forces de sécurité ont fait neuf morts.

La récente vague de manifestations, la plus importante à avoir frappé l’Iran depuis l’élection présidentielle de 2009, en était à sa sixième journée et a causé au moins 21 morts jusqu’à présent.

Les manifestations ont commencé jeudi à Mechhed en raison de la faiblesse de l’économie iranienne et de la hausse des prix des aliments. Elles se sont depuis répandues à plusieurs autres villes, certains contestataires scandant même des slogans contre le gouvernement et le guide suprême.

Le taux de chômage est élevé, le taux d’inflation officiel atteint dix pour cent et une récente hausse de 40 pour cent a fait bondir le prix des oeufs et de la volaille.

Des centaines de personnes ont été arrêtées et un juge important a indiqué, mardi, que certains des prisonniers pourraient faire face à la peine de mort.

Dans un message publié sur son site web mardi, Ali Khamenei a paru reprocher aux nations étrangères d’avoir exacerbé le soulèvement qui ébranle le pays, soutenant que les «ennemis de l’Iran» avaient eu recours à divers moyens pour «créer des problèmes» au sein de la République islamique.

S’adressant à des femmes recouvertes de tchadors noirs présentées comme des proches d’anciens combattants et de militaires morts au combat, l’ayatollah âgé de 78 ans a mis en garde contre un ennemi «qui attend une opportunité, qui cherche une faille pour s’infiltrer».

«Regardez les événements des derniers jours. Tous ceux qui s’opposent à la République islamique ont utilisé divers moyens, incluant l’argent, les armes, la politique et des dispositifs d’intelligence, pour créer des problèmes au système islamique», a commenté Ali Khamenei.

L’ayatollah a évité de cibler des États ou gouvernements en particulier. Dans le passé, les dirigeants iraniens ont souvent accusé les États-Unis, Israël et le Royaume-Uni de vouloir renverser leur gouvernement religieux.

Le président des États-Unis Donald Trump a fait part de son soutien aux manifestants sur son compte Twitter. Il a écrit que le peuple s’opposait enfin à un régime «corrompu et brutal».

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l’Iran, Bahram Ghasemi, a répliqué à Donald Trump de lâcher Twitter et de s’occuper des problèmes de son propre pays.

«Il ferait mieux de tenter de régler des problèmes comme les tueries de masse quotidiennes aux États-Unis et les millions de sans-abris et de personnes affamées dans son pays», a ajouté Bahram Ghasemi selon ce que rapporte l’agence d’information officielle iranienne.

Les États-Unis vont réclamer la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies pour discuter des actions à prendre.

Le président Hassan Rohani a pris note du ressentiment de la population par rapport aux problèmes économiques de l’Iran. La signature en 2015 de l’entente sur le programme nucléaire iranien a certes permis d’améliorer la situation, mais l’Iranien moyen n’a malheureusement pas profité de ces progrès.

M. Rohani a toutefois prévenu que le gouvernement n’hésiterait pas à sévir contre les contestataires qui enfreignent la loi. Aucune des récentes manifestations n’ayant reçu l’autorisation préalable du ministère de l’Intérieur, elles sont toutes considérées comme étant illégales.

D’après le président iranien, l’opposition en exil appelée l’Organisation des moudjahiddines du peuple d’Iran (OMPI) inciterait la population à la violence. D’après son site web personnel, il aurait communiqué avec le président de la France, Emmanuel Macron, pour que Paris renonce à héberger l’organisation qui a quitté l’Iran après la révolution de 1979.

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