Themba Hadebe Themba Hadebe / The Associated Press

JOHANNESBURG — Le président sud-africain Jacob Zuma a annoncé sa démission «immédiate» dans un discours à la nation télévisé, mercredi, évitant ainsi d’être renvoyé par les parlementaires lors d’un vote qui devait avoir lieu jeudi, après des années de scandales de corruption.

Le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), l’avait sommé de démissionner avant mercredi soir s’il ne voulait pas faire face à un vote de censure au Parlement. Son départ met un terme à une crise de leadership dans l’une des principales économies d’Afrique et permettra aux députés de l’ANC d’élire le président intérimaire du parti, Cyril Ramaphosa, pour succéder à M. Zuma à la tête du pays.

«J’en suis donc venu à la décision de démissionner en tant que président de la République avec effet immédiat», a déclaré Jacob Zuma dans son discours, en précisant toutefois qu’il était en désaccord avec la décision du parti de le forcer à partir.

M. Zuma, âgé de 75 ans, avait déjà indiqué qu’il était prêt à démissionner, mais pas avant plusieurs mois.

«Bien sûr, je dois accepter que si mon parti et mes compatriotes espèrent que je sois délogé de mon poste, ils doivent pouvoir exercer ce droit et le faire de la façon prévue par la Constitution», a-t-il ajouté.

Plus tôt mercredi, dans une entrevue télévisée, M. Zuma avait adopté un ton défiant, disant n’avoir rien fait de mal.

«Je suis maltraité ici», a-t-il lancé à la télévision publique SABC. Il s’est plaint que M. Ramaphosa et les autres leaders de l’ANC ne lui aient pas expliqué clairement les raisons pour lesquelles il devait partir.

Mercredi matin, la police a mené des perquisitions chez plusieurs partenaires d’affaires de M. Zuma accusés d’être au centre de scandales de corruption qui ont provoqué un tollé en Afrique du Sud, plombé la popularité de l’ANC et affaibli l’économie du pays. Plusieurs personnes ont été arrêtées durant ces raids, selon les médias sud-africains.

L’ANC, le parti historique de la lutte contre l’apartheid qui dirige l’Afrique du Sud depuis 1994, souhaitait que M. Zuma mette fin à son mandat de cinq ans de façon anticipée afin de rallier les appuis en vue des élections de 2019.

M. Ramaphosa, élu à la tête du parti en décembre, a promis que le gouvernement lutterait plus énergiquement contre la corruption, qui a nui à la réputation de l’ANC.

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