Khalil Hamra

GAZA, Territoire Palestinien — Israël faisait face à un barrage de critiques, mardi, plusieurs pays l’accusant d’avoir fait usage d’une force excessive lors des grandes manifestations de la veille à la frontière de la bande de Gaza, qui ont fait au moins 59 morts et 2700 blessés parmi les Palestiniens.

La Turquie a expulsé l’ambassadeur israélien, tandis que l’Irlande et la Belgique ont convoqué les émissaires israéliens en poste sur leur territoire respectif. Plusieurs pays européens et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme ont réclamé une enquête sur le bain de sang, tandis que le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu un moment de silence en mémoire des victimes palestiniennes à l’ouverture d’une séance de discussion sur la situation dans la bande de Gaza.

Israël revendique son droit de se défendre contre de possibles transgressions de la frontière et accuse les dirigeants du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, de tenter de mener des attaques sous le couvert de manifestations civiles. Un porte-parole militaire a déclaré mardi que parmi les Palestiniens tués lundi figurent 14 personnes impliquées dans des attaques.

Les forces israéliennes ont abattu deux autres manifestants palestiniens mardi. Le ministère de la Santé à Gaza a précisé que les victimes avaient péri dans deux incidents distincts dans le centre du territoire. L’armée a déclaré avoir tiré à balles réelles de façon «sélective», conformément à ses procédures habituelles.

La journée de lundi a été la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre éclair de l’été 2014 dans la bande de Gaza. Elle s’inscrivait dans le cadre d’une campagne du Hamas pour mettre fin au blocus qui afflige le petit territoire palestinien et ses deux millions d’habitants depuis une décennie.

Les affrontements se sont produits alors que les États-Unis soulignaient le déménagement de leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, une promesse électorale du président Donald Trump qui a soulevé la colère des Palestiniens et l’opposition de nombreux pays.

Des milliers de personnes ont assisté mardi aux funérailles des victimes des manifestations de la veille.

Le nombre élevé de blessés par balle a submergé le système de santé dans la bande de Gaza, déjà aux prises avec des pénuries de matériel et de médicaments, en plus des coupures d’électricité fréquentes.

Un responsable de l’Organisation mondiale de la santé, Mahmoud Daher, a déclaré mardi que parmi les 2771 Palestiniens blessés lundi, 1360 avaient été atteints par des tirs de balles réelles, la majorité aux membres inférieurs.

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