Jacquelyn Martin Jacquelyn Martin / The Associated Press

WASHINGTON — L’ancien secrétaire d’État américain Rex Tillerson a tiré à mots couverts sur le président Donald Trump, mercredi, prévenant qu’une crise nationale croissante d’éthique et d’intégrité mettait en péril la démocratie américaine.

Dans un discours devant des diplômés du Virginia Military Institute, M. Tillerson a décrié les attaques contre les faits qui mèneront, selon lui, à une perte de liberté si elles ne sont pas contrées. L’ancien secrétaire d’État a affirmé que seules les sociétés en mesure de chercher la vérité et de défier les «réalités alternatives» pouvaient être véritablement libres.

«Lorsque nous, en tant qu’êtres libres, faisons chanceler la vérité, même sur des questions qui peuvent sembler les plus anodines, nous faisons chanceler les États-Unis», a dit M. Tillerson.

«Si, en tant qu’Américains, nous ne confrontons pas la crise d’éthique et d’intégrité dans notre société parmi nos dirigeants dans les secteurs public et privé, et malheureusement parfois dans le secteur à but non lucratif, la démocratie américaine comme nous la connaissons entre dans ses années crépusculaires», a-t-il ajouté.

M. Tillerson n’a pas prononcé le nom de son ancien patron, mais a fait allusion à certaines politiques de l’administration Trump en décriant ceux qui négligent ou ignorent des alliés de longue date ou qui nient le fait que le libre-échange est un moteur de la croissance mondiale.

«Nous ne devons jamais tenir pour acquis ces alliés de longue date», a-t-il affirmé, dans une référence apparente au rejet par Donald Trump des conseils de son ancien diplomate en chef et d’autres acteurs, au retrait des États-Unis de certains accords internationaux et à la menace de tarifs sur les importations.

Concernant le libre-échange, remis en question par le président Trump, M. Tillerson a souligné que la majeure partie des pays développés y voient un impact positif net. «Mais plusieurs ici au pays ont encore du chemin à faire pour embrasser totalement l’économie mondiale et pour reconnaître qu’avec ces changements viennent autant de défis que d’occasions», a-t-il dit.

M. Tillerson a été congédié par M. Trump à la mi-mars après des mois de tensions entre les deux hommes sur des politiques concernant notamment les changements climatiques, le commerce, le Moyen-Orient et la Corée du Nord. M. Trump a expliqué par la suite qu’il n’avait pas la même vision des choses que M. Tillerson, ancien chef de la direction d’ExxonMobil, et avait plus d’affinités avec le chef de la CIA Mike Pompeo, qui a pris les fonctions de secrétaire d’État.

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