WASHINGTON – Le président de la Chambre des représentants aux États-Unis, le républicain John Boehner, fait face à une fronde de l’aile ultraconservatrice de son parti, après avoir délogé des représentants du Tea Party de deux importantes commissions du Congrès.

Des organisations liées au Tea Party et des commentateurs conservateurs bien connus déversent leur fiel sur M. Boehner depuis que quatre élus liés au mouvement ultraconservateur ont été délogés de leur poste, après être allés à l’encontre des directives des dirigeants du Parti républicain dans des votes cruciaux au cours des deux dernières années.

«Il y a de fortes preuves qui montrent qu’ils ont été délogés seulement parce que leurs votes ne respectaient pas scrupuleusement le leadership» du parti, a écrit Matt Kibbe, président de l’organisation FreedomWorks, proche du Tea Party, dans une lettre ouverte envoyée à M. Boehner mercredi.

«Il semble évident que le leadership vise à imposer la discipline de parti en punissant la dissidence. Depuis quand est-ce un crime de se mettre debout pour le bon sens fiscal et un gouvernement limité par la Constitution?», demande-t-il.

Cet accrochage pourrait signaler la fin de l’influence du Tea Party sur la direction du Parti républicain. Le mouvement, allergique au déficit et opposé au pouvoir du gouvernement sur les citoyens, est l’épine dans le pied des républicains depuis 2010, après qu’ils eurent aidé le parti à reprendre le contrôle de la Chambre des représentants aux élections de mi-mandat.

Depuis les élections du 6 novembre, le représentant du Kansas Tim Huelskamp et son collègue du Michigan, Justin Amash, ont perdu leurs sièges à la commission du budget de la Chambre.

Walter Jones, de la Caroline du Nord, et David Schweikert, de l’Arizona, ont quant à eux été exclus de la commission des services financiers.

Les quatre représentants étaient farouchement opposés à l’accord conclu à l’été 2011 entre le président Barack Obama et John Boehner, qui permettait de relever le plafond de la dette du gouvernement en échange de coupes budgétaires de 1000 milliards $ US.

Après l’échec de cet accord, l’opinion publique américaine est devenue plus opposée aux républicains.

Lors d’une réunion en privé mercredi, John Boehner aurait déclaré que son conflit avec les quatre représentants n’était pas lié à leur idéologie, mais à leur manque de loyauté envers le Parti républicain et les autres élus du parti.

La décision de les exclure des commissions de la Chambre «n’a pas été prise à la légère», a-t-il dit à ses collègues républicains, selon un article publié sur RollCall.com.

M. Boehner a fait valoir que d’autres représentants du Tea Party avaient conservé leurs postes dans différentes commissions.

Certaines informations laissent entendre que le président de la Chambre soupçonnait certains des quatre représentants d’avoir fait diffuser dans les médias des histoires embarrassantes au sujet de leurs collègues.

Le renvoi des quatre représentants illustre les difficultés qui plombent les rangs des républicains après la défaite du parti à l’élection présidentielle. Certaines rumeurs suggèrent que le Tea Party est en plein désarroi.

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