Pascal Le Segretain/Getty Plusieurs Français ont célébré le 5 mai la victoire du socialiste François Hollande à la présidence de la France. Ce que l'histoire ne dit pas, c'est combien d'Andorrans ont applaudi leur nouveau prince?

Avec comme postulat que tout État est le premier, le dernier, le meilleur, le pire ou l’unique dans un domaine particulier, Secrets d’États part chaque semaine à la découverte d’un pays méconnu. Deuxième arrêt : la principauté d’Andorre.

C’était le même jour où le socialiste est devenu le 24e président de la République française. Le 15 mai 2012. Alors que toutes les caméras hexagonales mitraillaient le nouveau chef, que le monde entier proclamait sa nette victoire en une des journaux et des portails web, François Hollande, dans une totale indifférence, venait de mettre la main sur la moitié des pouvoirs féodaux de la principauté d’Andorre, micro-État coincé entre l’Espagne et la France. Zzz… Non, non, non, ne vous endormez pas.

Système fascinant, le paréage, ou coprincipauté d’Andorre, qui octroie les titres de coprinces à l’évêque d’Urgell, en Espagne, et au président de la République française. Hollande s’est d’ailleurs empressé, dans les deux premiers mois de son mandat, d’inviter à Paris le chef du gouvernement d’Andorre-la-Vieille, Antoni Marti Petit, et son président, Vicenç Mateu Zamora. Pour le locataire de l’Élysée, pas question de baratiner avec son nouveau rôle. «Je veux que les Andorrans sachent combien je suis soucieux d’exercer pleinement la fonction qui m’est reconnue de coprince. Ce que je ferai en bonne intelligence et avec le plus grand respect.»

Oubliez donc l’image stéréotypée des princes salvateurs : archaïque tout autant, ce binoclard ne sauvera personne, sinon des entreprises soucieuses de s’affranchir d’une trop lourde fiscalité. L’Andorre demeure un État prisé par les entreprises pour sa fiscalité avantageuse : pas d’impôt sur le revenu, gouvernement quasi-invisible et taxes minimales. Et à cela, les coprinces n’ont rien voulu changer.

François Hollande a des pouvoirs limités, certes, mais peut tout de même arbitrer les institutions, participer aux orientations économiques du pays et agir comme représentant sur la scène internationale. Il se rendra d’ailleurs en Andorre… nul ne sait quand, mais il a promis de le faire. Hum hum… Peut-être pour arpenter les magnifiques pentes de ski des Pyrénées et contribuer au «tourisme blanc» une des principales sources de revenus de la principauté.

L’ÉTAT D’ANDORRE EN BREF

Le seul au monde : dont la langue officielle est le catalan

Vous ne verrez jamais : d’avions déccoler ou atterrir, il n’y a pas d’aéroport à Andorre.

Il attend toujours : sa première médaille olympique

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