CP Le gouvernement conservateur s’est retiré du protocole de Kyoto en décembre 2011, sous prétexte qu’il était un obstacle majeur à la lutte contre le réchauffement climatique. Une décision qui avait été vertement critiquée par le groupe de défense de l’environnement Greenpeace.

Bien que le protocole de Kyoto ait été signé en 1997, c’est aujourd’hui qu’on fête les 10 ans de son entrée en vigueur officielle. En attendant la conférence de Paris, cet automne, où les pays signataires doivent se fixer de nouvelles cibles, voici trois chiffres qui donnent à réfléchir.

+ 42%
À l’époque des négociations du protocole de Kyoto, dans les années 1990, les émissaires prévoyaient que les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans une trentaine de pays industrialisés permettraient de faire baisser les émissions mondiales de 5% de 1990 à 2011. La hausse mondiale a finalement été de 42%, selon les données du World Ressource Institute. «On n’avait pas prévu une croissance économique aussi rapide en Chine, en Inde, en Indonésie et au Brésil», explique Sebastian Weissenberger, professeur associé à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM.

– 7%
Le Québec fait partie des bons élèves, ses émissions ont baissé de 7% de 1990 à 2011, selon M. Weissenberger. Le Royaume-Uni (- 27%) et l’Allemagne (- 25%) sont en tête de liste, tandis que le Canada (+ 25%) et l’Alberta (+ 47%) sont montrés du doigt. Les États-Unis font partie des rares pays à ne pas avoir signé le protocole avec Andorre, le Vatican, Taïwan et l’Afghanistan. Le pays a néanmoins limité la hausse de ses émissions de GES à 9%. Le coût des changements climatiques pourrait représenter jusqu’à 20% du PIB mondial, selon Nicholas Stern, l’ancien économiste en chef de la Banque mondiale.

4ºC
Depuis 1950, les températures moyennes ont augmenté de 2ºC à Montréal. Elles pourraient gagner jusqu’à 4ºC d’ici 2050, note une ébauche d’étude du groupe de recherche sur les changements climatiques Ouranos. Ces perturbations n’entraîneront pas que la disparition des patinoires extérieures. Les journées de grosses chaleurs seraient multipliées par trois d’ici 2050 à Montréal. La canicule de 2010 avait causé 280 décès supplémentaires et 3400 hospitalisations dans la métropole. Le Bureau d’assurance du Canada menace de son côté de ne plus assurer les résidences des secteurs victimes d’inondations récurrentes. Les allergies saisonnières, qui touchent 17% de la population québécoise adulte, augmenteraient de façon importante, selon l’étude.

«C’est un grand pas en avant dans notre lutte pour affronter l’un des plus grands défis qui se posent à nous au XXIe siècle : les changements climatiques.» – Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU, à l’occasion de l’entrée en vigueur du protocole, le 16 février 2005

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