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Dans moins d’un an, un jeune soldat blessé aux parties génitales par une bombe artisanale en Afghanistan deviendra le premier Américain à recevoir une transplantation de pénis.

De 2001 à 2013, quelque 1 367 soldats américains ont été blessés dans cette zone sensible en Irak et en Afghanistan. Presque tous ces mutilés ont moins de 35 ans, selon le département américain de la défense.

«Ce n’est pas seulement une blessure physique», a affirmé le sergent de première classe Aaron Causey dans un article publié dimanche dans le New York Times. Lui qui a perdu ses deux jambes et un testicule en 2011 lors d’une mission en Afghanistan, dit que c’est la perte de son scrotum qui est sa blessure la plus douloureuse – physiquement autant que psychologiquement.

«Cette partie du corps est très fortement associée à votre identité en tant qu’homme, a indiqué le Dr Richard J. Redett, directeur de la chirurgie reconstructive de l’université John Hopkins. Si vous rencontriez ces hommes, vous comprendriez à quel point c’est important pour eux.»

Les chirurgiens s’attendent à ce que le patient puisse retrouver ses pleines capacités urinaires et sensorielles dans l’année qui suivra la transplantation. Ils ont aussi espoir que le soldat puisse retrouver ses capacités sexuelles, une fois que les terminaisons nerveuses du receveur seront connectées à l’organe greffé.

Le pénis qui sera transplanté au jeune soldat au cours de la prochaine année sera prélevé sur le corps d’un défunt qui aura accepté de donner son sexe. Bien que la science permette de créer un pénis à partir de tissus provenant d’autres parties du corps d’un patient – une opération de plus en plus fréquente pour les hommes transgenres –, le retour de la capacité érectile est impossible sans transplantation. C’est pourquoi l’équipe de l’université John Hopkins privilégie cette approche.

Le Dr Gerald Brandacher, directeur du programme de transplantation de l’institution, estime que l’opération redonnera à ces hommes le sentiment d’être eux-mêmes. «[Les soldats nous] disent : “Je veux me sentir entier à nouveau.” Des choses que nous tenons pour acquises, même les plus infimes, seront redonnées à ces hommes.»

Cas précédents
Seuls deux autres cas de transplantation de pénis ont eu lieu dans le monde.
•    Chine, 2006. Dans ce premier cas, le receveur a fait un «rejet psychologique» et a demandé quelques semaines après l’opération de se faire retirer l’organe transplanté.
•    Afrique du Sud, 2014. Le receveur, un jeune homme qui avait dû être amputé après une circoncision manquée, est récemment devenu père, a expliqué le New York Times.

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