Moncef Tajouri/The Associated Press Des affrontements entre manifestants et policiers ont lieu depuis quelques jours, comme à Ennour, mercredi.

La Tunisie a imposé vendredi un couvre-feu national en réponse aux troubles qui ne cessent de se propager à travers le pays. Le couvre-feu doit prendre effet à 20 h, heure locale, vendredi, et demeurer en vigueur jusqu’à 5 h, samedi matin.

Le ministère de l’Intérieur a expliqué que les attaques perpétrées contre la propriété publique et privée «représentent un danger pour le pays et ses citoyens». Des affrontements entre manifestants et policiers sont rapportés dans plusieurs villes du pays. Des commissariats de police ont été ciblés au cours des dernières heures et les forces de l’ordre ont dû utiliser des gaz lacrymogènes pour repousser des manifestants armés de pierres et de bombes incendiaires.

Dans des projets d’habitation près de Tunis, des bandes de jeunes ont pillé une banque, des commerces et des entrepôts. Un policier avait perdu la vie jeudi après que des manifestants aient renversé sa voiture.

Le premier ministre tunisien Habib Essid a écourté une visite en France en réponse à la situation. «Nous avons des politiques pour régler ce problème, qui compte parmi les principaux défis du gouvernement, a-t-il dit avant de rentrer en Tunisie. Nous n’avons pas de baguette magique. Nous ne pouvons pas régler le problème du chômage d’un seul coup.»

Les troubles ont débuté dimanche, quand un jeune homme à qui on avait refusé un emploi gouvernemental s’est électrocuté en escaladant une tour de transmission pour dénoncer son rejet. Le taux de chômage est d’environ 15% en Tunisie. La situation est pire à l’extérieur de la capitale et le taux atteint environ 30 % parmi les jeunes.

Le suicide d’un autre jeune dans la même région il y a cinq ans avait généré un soulèvement populaire qui allait chasser le dictateur Zine El Abidine Ben Ali et éventuellement donner naissance au «printemps arabe» à travers l’Afrique du Nord.Le gouvernement tunisien a annoncé mercredi une série de mesures à l’intention des régions reculées et la formation d’une commission d’enquête pour se pencher sur des allégations de corruption.

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