AP

AMSTERDAM — Les leaders de l’Union européenne se sont querellés sur la place publique lundi, alors qu’ils demeurent tout simplement incapables de s’entendre sur une réponse commune aux centaines de milliers de migrants qui affluent vers le continent.

Plus de 2000 personnes continuent à arriver chaque jour en dépit du temps froid et de la mer démontée, selon des données européennes. La plupart arrivent en Grèce au terme d’une traversée périlleuse depuis la Turquie.

Les ministres européens de la Justice, de l’Intérieur et de l’Immigration étaient réunis à Amsterdam lundi pour discuter de la crise. Un ministre belge, Theo Francken, a accusé la Grèce d’être impuissante à protéger ses frontières et donc celles de l’Union européenne.

Le ministre grec de l’Immigration, Ioannis Mouzalas, a admis que son pays éprouve des difficultés, tout en reprochant aux autres membres de l’UE de ne pas lui avoir fourni les hommes et les navires dont il a besoin pour patrouiller la mer Égée, à quelques kilomètres seulement des côtes de la Turquie.

Il a aussi accusé l’UE de ne pas avoir respecté ses engagements de relocaliser les migrants ailleurs.

M. Mouzalas a déclaré aux journalistes qu’Athènes a demandé 1800 officiers de l’agence frontalière européenne Frontex, mais qu’elle n’en a reçu que 800. Des 28 navires demandés, a-t-il ajouté, seulement six sont arrivés.

Les ministres qui se sont présentés à la rencontre ont été accueillis par des manifestants dans deux bateaux, dont un rempli de mannequins vêtus de gilets de sauvetage rouges comme ceux que portent les réfugiés. Une bannière leur conseillait de se préoccuper moins des sondages et davantage des livres d’histoire.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a prévenu la semaine dernière que la crise des migrants risque de faire exploser la zone de libre-circulation de Schengen, si elle n’est pas réglée d’ici deux mois.

Le ministre Francken a déclaré au réseau VRT que la Grèce devrait faire l’objet de sanctions qui pourraient éventuellement inclure une suspension.

La ministre autrichienne de l’Intérieur, Johanna Mikl-Leitner, a renchéri que des contrôles frontaliers pourront devoir être installés ailleurs si la Grèce ne réussit pas à endiguer la marée humaine.

“Il est évident que si nous n’arrivons pas à sécuriser les frontières européennes — cela veut la frontière Grèce-Turquie — alors la frontière Schengen se déplacera vers le centre de l’Europe”, a-t-elle déclaré aux journalistes.

M. Mouzalas croit que le déploiement d’agents de Frontex à la frontière entre la Grèce et la Macédoine serait “illégal” et demande plutôt leur envoi vers son pays.

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