Petros Giannakouris / The Associated Press
BRUXELLES, Belgique — Une enquête de l’Union européenne a découvert des problèmes importants aux frontières de la Grèce, ce qui pourrait permettre aux autres États membres de faire pression sur Athènes et d’adopter des mesures pour endiguer le flot de réfugiés.
Des enquêteurs européens qui ont effectué des visites-surprises en Grèce, notamment sur les îles de la mer Égée près des côtes de la Turquie, ont constaté que les autorités grecques n’enregistrent pas correctement les réfugiés, que leurs empreintes ne sont pas prélevées adéquatement et que leurs papiers ne sont pas vérifiés avec soin.
Ces constations semblent confirmer les soupçons qu’entretenaient plusieurs pays européens. Le responsable européen des migrations, Dimitris Avramopoulos, a déclaré mercredi que le rapport démontre qu’il y a des lacunes graves dans la gestion de la frontière externe en Grèce. Athène dispose maintenant de trois mois pour corriger le tir.
Plus de 800 000 personnes seraient arrivées en Grèce l’an dernier pour rejoindre l’Europe, mais la Grèce ne peut en accueillir que 10 000 à la fois. La Garde côtière grecque est complètement dépassée et des milliers de migrants ont poursuivi leur chemin vers le nord. Ce rapport est d’autant plus important que l’Allemagne a remis en place jusqu’au 13 mai les contrôles douaniers dans son secteur de la zone Schengen de libre-circulation, après qu’environ un million de personnes aient demandé l’asile sur son territoire l’an dernier.
L’Allemagne ne dispose pas de l’autorité légale pour maintenir ces contrôles en place au-delà de cette date. Mais si la Commission exécutive de l’UE détermine que la Grèce a fait preuve d’une négligence grave dans la protection des frontières externes, des pays comme l’Allemagne, l’Autriche et la Suède pourraient maintenir ces contrôles en place pendant deux ans.
Les pays européens devraient adopter cette mesure par un vote majoritaire des deux tiers, mais la Grèce seule serait incapable de s’y opposer. La zone de Schengen pourrait imploser si aucun nouveau mécanisme de contrôle des frontières n’est adopté au cours des prochaines semaines.
Les pays européens ont déjà déployé des dizaines d’agents pour aider à patrouiller la frontière entre la Grèce et la Macédoine. La Grèce a répliqué que les conclusions de cette enquête sont dépassées et que la situation s’est grandement améliorée.
La porte-parole gouvernementale Olga Gerovassili a dit qu’il est inutile de tenter d’isoler la Grèce sur la base de faits constatés le 10 novembre. Elle a ensuite rappelé que la Grèce n’a reçu qu’une aide partielle de l’UE pour enregistrer les migrants, et que seulement 414 migrants ont jusqu’à présent été relocalisés — loin des 160 000 réfugiés que l’UE a promis d’envoyer ailleurs.
Les autorités grecques ont annoncé mercredi avoir repêché près de l’île de Kos les corps de six réfugiés. Dix personnes se trouvaient à bord de l’embarcation qui a coulé et une seule semble avoir survécu. L’opération de recherche et sauvetage se poursuit.

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