Logo, La boîte noire Montage, La Boîte noire

Après 30 ans d’opération et de découvertes cinéphiliques, le temple du 7e art la Boîte noire devra abdiquer et fermer ses portes cet été. La fin d’une longue aventure et d’une histoire d’amour sans compromis avec le cinéma de répertoire.

C’est ce que relayait Le Devoir ce matin avec les explications de François Poitras, l’homme derrière l’institution.

C’est un jour triste pour les cinéphiles de Montréal et du Québec. Oui, les alternatives numériques sont nombreuses et facilement accessibles, mais elles ne seront jamais le lieu qu’était la Boîte noire.

J’ai découvert cet endroit à ma première année à Montréal, en 2001, sur les bancs du Collège Ahuntsic dans leur programme d’arts et lettres profil cinéma. À l’époque, la Boîte était sur St-Denis au 2e étage, presque cachée à côté d’une boutique d’équipements sportifs (de mémoire). L’ascension des escaliers était agrémentée d’affiches et artefacts du cinéma jusqu’aux portes du temple.

Un lieu grandiose où tout était méticuleusement classé. Guide DVD en main, je découvrais ce que le cinéma avait de mieux à m’offrir en épluchant les sélections des employés, les œuvres d’un même cinéaste ou tout simplement les pochettes qui attiraient mon œil.

Pas de gros pan de mur avec «des tonnes de copies», pas de section approximative du genre «action» ou «horreur». Des films classés par pays, par auteur, par époque – sans parler de la nébuleuse section psychotronique, à découvrir à vos risques et périls.

Au fil des ans, le lieu a vécu de nombreux changements, dont un déménagement et la fermeture des autres succursales. Mais la maison mère, le corps et l’âme de l’institution, elle résistait aux intempéries jusqu’à maintenant.

On prenait le lieu pour acquis, moi le premier, on le fréquentait de moins en moins. C’est notre erreur et elle est devenue fatale. Les endroits consacrés au cinéma sont de plus en plus rares et ils seront oubliés maintenant que nous partageons du contenu et non des œuvres, des vidéos et non du cinéma.

Ça m’attriste.

Il y avait un certain rituel quand on allait louer un film. Un processus de sélection, une recherche, une manipulation physique, des odeurs, des souvenirs. Ce n’était pas banal, ce n’était pas du pitonnage de télécommande sur son divan.

Merci François Poitras d’avoir tenu le coup aussi longtemps. Merci pour les souvenirs, la passion et, surtout, merci pour le cinéma.

Allez l’encourager une dernière fois et faites-vous plaisir – découvrez un film (ou plusieurs).

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