Les attentats de Paris ont braqué les projecteurs du monde entier sur la municipalité belge de Molenbeek, à Bruxelles. C’est de là qu’est parti le convoi des terroristes qui ont semé la barbarie dans les rues de la capitale française.

Ce n’est pas la première fois que ce quartier où s’entassent des immigrants fait les manchettes. Déjà, à la fin des années 1980, le terrorisme frappait en Belgique depuis cette municipalité.

À l’époque, des terroristes qui ont des liens avec Molenbeek ont commis six assassinats sur le territoire belge, notamment ceux du directeur de la grande mosquée de Bruxelles, le Saoudien Abdullah Al Adhal, et du Dr Joseph Wybran, président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB).

Deux jours avant les attentats du 11 septembre 2001, des terroristes partis de Molenbeek ont tué en Afghanistan le commandant Ahmed Shah Massoud, la bête noire des talibans et leur protégé Ben Laden. Une façon de plonger l’Afghanistan dans le chaos si l’Amérique s’y risquait après l’attaque d’Al-Qaïda sur son territoire.

D’ailleurs, les enquêtes sur les attentats de Madrid (2004), la tuerie du Musée juif de Bruxelles (2014), la cellule démantelée de Verviers en Belgique (2015) et l’attaque avortée dans un Thalys Bruxelles-Paris (2015) ont eu des liens avec Molenbeek.

Alors, pourquoi une si petite municipalité de Bruxelles nichée au cœur de la capitale de l’Europe est-elle devenue un vivier des réseaux européens de la mouvance djihadiste?

Comprendre les raisons de cette déraison est important dans les circonstances pour éviter le pire. Et comprendre ne veut aucunement dire excuser la barbarie, faut-il le rappeler.

La majorité des reportages des médias internationaux sur Molenbeek parlent d’une communauté maghrébine qui vit dans une précarité indigne. Ses enfants subissent une discrimination horrible dès leur jeune âge. Et si certains arrivent à s’en sortir malgré tout, un contingent incroyable de jeunes n’a plus d’espoir. Il a beau se démener comme un diable dans l’eau bénite, mais on a fini par lui incruster dans la tête qu’il ne sert à rien!

Il est donc hallucinant de voir que tous les terroristes de Molenbeek sont des jeunes qui ont subi une radicalisation express pour adhérer en un clin d’œil à une idéologie violente, sectaire et haineuse dans des délais records.

Comment alors expliquer le cas du kamikaze Brahim Abdeslam? Comment est-il passé en quelques semaines du gérant d’un bar reconnu pour son trafic de drogue au kamikaze qui a déclenché sa ceinture d’explosifs en pleine rue à Paris?

On dirait que ces jeunes sont tombés sur une potion magique qui, du jour au lendemain, les a fait passer du statut du jeune déboussolé qui ne sert à rien à celui d’un être très important pour une cause qui lui garantit une délivrance du néant.

Sinon, comment expliquer que ces jeunes qui ne parlent même pas l’arabe correctement arrivent à comprendre le message de l’islam, alors que des islamologues vouent leur vie à saisir toute sa subtilité?

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