Boxing  in English

Toutes les introductions, les annonces et tous les résultats du combat de boxe de samedi dernier entre le député libéral Justin Trudeau et le sénateur conservateur Patrick Brazeau se sont déroulés uniquement en anglais. C’est d’autant plus déplorable que le combat a eu lieu à Ottawa, notre capitale nationale. Les deux pugilistes étaient francophones, une bonne partie de l’auditoire était francophone et il s’agissait d’un enjeu éminemment politique qui, par le fait même, aurait justifié amplement l’usage des deux langues officielles pour que soit respectée la plus élémentaire des courtoisies.

Oh my God! comme disent ceux qui ont un complexe d’infériorité vis-à-vis des anglos!
Paul-André Allard, Montréal

Cessons de jouer à l’autruche

Comme la plupart des Québécois, je m’inquiète de la situation du français au Québec. Par contre, je trouve aberrants certains articles que je lis sur le sujet.

Dans le monde des affaires, dès que vous sortez du Québec et des autres pays francophones, peu de conversations se déroulent en français. Ce n’est pas tant la réalité d’une seule langue que celle du monde des affaires. Les gens ont besoin de trouver une langue de conversation que connaissent les multiples parties impliquées, et l’anglais est celle préconisée pour ces conversations en ce moment. Il y a 2 000 ans, c’était le latin, 1 000 ans plus tard, le français (même la monarchie britannique le parlait) et, qui sait, dans 1 000 ans peut-être que ce sera une autre langue.

[En ce qui a trait aux dépenses que fait Québec pour permettre à des immigrants francophones de suivre des cours d’anglais,] pourquoi ne pas se poser la question de ce qu’il en coûterait si ces personnes n’apprenaient pas l’anglais? Qu’on le veuille ou non, les employés ne parlant que le français ne pourront que très exceptionnellement s’élever au-dessus des postes les moins convoités d’une entreprise, puisqu’ils devront de plus en plus traiter avec des parties externes qui ne parlent pas le français. Donc, cet employé, ne pouvant pas converser avec les parties impliquées, ne pourrait sans doute pas combler un poste vacant. Par conséquent, il devra se contenter de demeurer au poste où il est déjà.

Je crois qu’il est grand temps d’arrêter de jouer à l’autruche. Les Chinois apprennent l’anglais pour faire du commerce, de même que les Français, les Allemands, etc.

Pendant ce temps, on oublie que le français au Québec n’est pas en péril parce que des francophones apprennent l’anglais, mais plutôt parce qu’on refuse de bien inculquer la langue de Molière aux élèves dans nos écoles, on se refuse à demander un texte en français dans le milieu du travail, parce que des écrits publiés ont une piètre qualité grammaticale ou syntaxique et des centaines d’autres raisons.

Personnellement, je préfère donner la liberté à tout un chacun de choisir s’il veut apprendre plus d’une langue ainsi que de se forger une opinion en la matière. Lisez, apprenez, choisissez et, surtout, ne laissez pas les autres vous dicter vos idées.
Sébastien Haspect

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