Karo Sahakyan//AP Des soldats arméniens près de Madaghis en Haut-Karabagh

La situation est urgente pour les Arméniens de toute la région du Caucase

Les quelques dépêches qui ont paru dans vos pages ces derniers jours au sujet du conflit au Haut-Karabagh méritent une certaine mise en contexte.

Il existe suffisamment de documentation pour bien comprendre l’origine du rattachement injustifié du Haut-Karabagh à l’Azerbaïdjan (1921) à l’époque soviétique, un territoire qui a été toujours peuplé majoritairement d’Arméniens, ainsi que les motifs du conflit au début des années 1990.

La République du Haut-Karabagh (Artsakh, en arménien) a déclaré son indépendance à la suite des actions meurtrières du gouvernement azerbaïdjanais dans les années 1988-1991 (pogroms à Sumgaït et à Bakou). Les Arméniens ne sont pas des séparatistes, ils veulent simplement vivre en paix en mettant en application le droit inaliénable des peuples à disposer d’eux-mêmes. Par ailleurs, ce droit a été confirmé par deux référendums, dont le premier organisé à l’époque soviétique dans le cadre de la Constitution de l’URSS, donnant ainsi une légitimité à cette indépendance. Depuis, les observateurs internationaux, incluant des élus canadiens, ont confirmé la nature démocratique des élections présidentielles et législatives tenues au Haut-Karabagh.

Depuis, l’Arménie, qui fut victime du premier génocide du XXe siècle, commis par la Turquie ottomane, tente de se protéger et de négocier de bonne foi une paix juste et durable. Une recherche Google suffit pour réaliser que la rhétorique belliqueuse de l’Azerbaïdjan et du clan Aliyev (d’abord le père, et ensuite le fils) est constante. Le pays s’arme grâce à ses pétrodollars. Les récents #panamaleaks ont par ailleurs montré de manière claire qui est réellement le président de l’actuel Azerbaïdjan.

Trois partis politiques canadiens ont émis des messages contre les attaques azerbaïdjanaises contre le peuple pacifique du Haut-Karabagh. Le PLC et le NPD invitent les deux parties au calme. Seul le PC a clairement indiqué qui en est l’instigateur et l’agresseur : le président Aliyev.

Sommes-nous en 2016? Si oui, on s’attend à ce que nos gouvernements et nos médias adoptent des positions claires qui soutiennent les victimes et dénoncent les abus et les crimes de guerre de l’Azerbaïdjan. Ce pays, sous la tutelle de la Turquie du président Erdogan, a eu le feu vert pour replonger toute la région dans les chaos lors des attaques du début avril. Il faut avoir le courage de dire que le Canada n’accepte plus de tels agissements.

Dr Girair Basmadjian
Président, Comité national arménien du Canada

Nuit debout

Après une manifestation contre la «loi Travail» en France, des gens de tous les horizons se réunissent sur les places publiques afin de libérer la parole, de s’exprimer simplement en public sur des enjeux de société. Le mouvement, je pense, va se développer aussi à Montréal et dans tout le Québec. Pourquoi? Parce que le discours politique est contrôlé par les partis. Un parti politique pour lequel je vote ne véhicule pas mes idées à 100 %. Il reste une part importante de mes opinions qui n’est pas véhiculée, discutée dans les parlements. Lors du formidable printemps érable, ce fut une éclosion merveilleuse d’idées, d’expressions, de rencontres, de créations, de contestations. Nuit debout remplit une fonction essentielle de rencontre et d’échanges pour toute communauté dans un endroit matériel, physique, humain. Les médias électroniques ne peuvent remplacer la vraie rencontre. Je prédis et je souhaite un vaste mouvement pacifique d’échange d’idées sur la place publique.

Parce qu’il est important de poursuivre le dialogue entre nous.

Alain Raimbault

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