Métro Il est non seulement devenu plus difficile de devenir courtier, mais il deviendra aussi de plus en plus difficile de vendre des propriétés, sans compter que la valeur des commissions diminuera.

Le courtage immobilier a été longtemps une activité lucrative et facile d’accès. Cela est en train de changer.

Il y a des années que nous sommes habitués à voir la valeur de nos maisons augmenter. Or, s’il faut en croire deux économistes de la Banque Laurentienne, la tendance va bientôt s’inverser. Dans une étude citée récemment par La Presse, Marie-Claude Guillotte et Sébastien Lavoie  nous expliquent que le vieillissement de la population transformera bientôt le marché de l’immobilier, tout comme il transforme déjà le marché de l’emploi.

D’ici 2020, bon nombre de baby-boomers, parvenus à l’âge de la retraite, mettront leur maison en vente pour déménager dans un logement locatif ou un condo. Un très grand nombre de maisons unifamiliales deviendront donc disponibles, alors qu’en même temps, la demande pour ces propriétés diminuera. En effet, le nombre de premiers acheteurs potentiels, soit les 25 à 39 ans, aura passablement diminué au même moment. C’est le résultat de la faible natalité que nous avons connue au cours des dernières décennies. Certains analystes suggèrent aussi que la précarité économique, fréquente au sein de ce groupe d’âge, leur rendra difficile l’achat d’une maison.

Si ce scénario se réalise, nos deux économistes prédisent que les prix seront révisés à la baisse pour attirer les acheteurs restants et que la valeur des maisons diminuera, inversant une tendance vieille de plusieurs décennies.

Cela aura probablement pour effet de réduire les revenus des courtiers immobiliers. Au cours  des années passées, la force du marché de la revente et l’augmentation constante du prix des maisons leur ont permis d’empocher de belles commissions sur leurs ventes. Cela rendait la profession très séduisante, car elle était aussi facile d’accès.

Si  vous aviez une personnalité sympathique et de bonnes habiletés de vendeur, une agence vous embauchait à l’essai et vous n’aviez qu’à compléter 240 heures de formation, puis à passer un petit examen pour être autorisé à exercer la profession. Une bagatelle!

Il est maintenant plus difficile de devenir courtier immobilier. Les nombreux abus qu’ont subis les consommateurs de la part de soi-disant professionnels du monde financier ont conduit à une augmentation des exigences d’entrée dans plusieurs des professions de la finance. Celle de courtier immobilier ne fait pas exception. À partir du 1er septembre 2013, tout candidat désirant se présenter à un examen de certification de l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier (OACIQ) devra préalablement avoir suivi et réussi un programme de formation de base reconnu par l’OACIQ.

Des formations menant à une AEC, d’une durée de 550 heures, sont offertes, entre autres par le Collège LaSalle et le cégep André-Laurendeau. Toutefois, ces formations ne sont pas reconnues par l’OACIQ. «Nous sommes actuellement en processus d’évaluation des programmes de nombreux établissements qui ne conduiront pas tous à une AEC et dont la durée ne sera pas nécessairement de 550 heures, a indiqué l’OACIQ. Ces programmes devront toutefois couvrir toutes les connaissances et les compétences à maîtriser afin d’accéder à la profession.»

De même, les examens d’accès à la profession, administrés par l’OACIQ, sont devenus beaucoup plus exigeants que par le passé.

Ceux qui pensent à une carrière en courtage immobilier doivent donc savoir que, non seulement il est plus difficile de devenir courtier, mais qu’il deviendra aussi de plus en plus difficile de vendre des propriétés et que la valeur des commissions, comme des maisons, diminuera.

Exigences relevées
Une formation de 550 heures, menant généralement à une AEC, est devenue obligatoire pour accéder à la profession de courtier immobilier. De même, les examens d’accès à la profession, administrés par l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier (OACIQ), sont devenus beaucoup plus exigeants que par le passé.

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