Vrai que la présente course à la direction du Parti conservateur soulève peu, ou aucunement, les passions. La principale raison du désintérêt relève, probablement, de ceci: les chances conservatrices de renverser le gouvernement Trudeau aux prochaines élections sont, à moins d’éventuelles catastrophes, plutôt minces. Ajoutons à ceci qu’une décennie de pouvoir conservateur a naturellement amené une portion de l’électorat à regarder, du moins pour le moment, ailleurs.

Ceci fait donc en sorte que le coup de théâtre de la semaine dernière n’a pas eu, par la force des choses, la publicité habituelle. Kevin O’Leary, meneur de la course et ancienne vedette de téléréalité, se désiste au profit du deuxième, l’ancien ministre Maxime Bernier. Oui, le leader d’une course qui se désiste, comme ça, sans raison apparente. De manière officielle, O’Leary plaide son incapacité à obtenir des appuis importants dans la Belle Province comme cause de son désistement. Sûrement vrai, cela dit, que le Québec francophone est assurément réfractaire à un Anglo-Québécois (ce qui est le cas de O’Leary) qui se refuse de parler un traître mot français. Comme il le disait lui-même: «[traduction] le Québec étant dans mon ADN, je n’ai pas besoin de parler français». Non mais….

Sauf qu’à bien y penser, l’excuse ne tient tout simplement pas la route. Depuis quand le membership québécois du Parti conservateur a-t-il quelconque influence? Depuis quand, d’un point de vue macro, la seule province majoritairement francophone du pays fait-elle pencher la balance pour le parti de Diefenbaker? On peut se rappeler, par exemple, que les gouvernements de Stephen Harper ont réussi à obtenir le pouvoir avec, en main, une infime poignée de députés québécois…

En bref, l’excuse O’Leary relève, on doit bien le dire, de la frime. Quelle est la vraie raison, alors? Allez savoir. Un squelette dans le placard que s’apprêtait à dévoiler ses adversaires? Bien qu’on ne puisse le jurer, il s’agit de l’hypothèse qui nous semble la plus probable. Pourquoi diable, sinon, une riche vedette de la télé, meneur de la course, s’effacerait donc au profit de son plus proche rival? C’est à n’y rien comprendre.

Quoiqu’il en soit, ceci implique, selon toute vraisemblance, une victoire quasi-assurée de Maxime Bernier. On a déjà discuté des frasques de ce dernier dans une chronique précédente, nul besoin, ainsi donc, d’y revenir en détails. Simplement ajouter ceci: notre système démocratique est-il à ce point en manque de politique-spectacle? Plus de Mad Max? De Pokémons? De Jos Louis? Franchement, pas sûr…

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